Accident mortel de moto à Villiers-le-Bel : l'avocat de la famille demande le dépaysement du dossier

Maître Yassine Bouzrou met en doute "l'impartialité" des magistrats de Pontoise, considérés comme trop proches des policiers présents lors de l'accident. 

Yassine Bouzrou. 
Yassine Bouzrou.  (CONSTANCE VIOT / RADIO FRANCE)

L'avocat de la famille du jeune homme de 23 ans, mort dans un accident de moto à Villiers-le-Bel (Val-d'Oise) en octobre 2019 à proximité d'une opération de police, demande le dépaysement de l'affaire, en raison de "doutes quant à l'impartialité" des magistrats de Pontoise, a appris franceinfo vendredi 10 juillet.

Dans une lettre que franceinfo a pu consulter, maître Yassine Bouzrou dénonce la "proximité entre les policiers mis en cause et les magistrats du tribunal judiciaire de Pontoise", qui sont "habituellement en contact professionnel". L'avocat dénonce aussi le fait que, selon lui, les constatations sur le véhicule de police présent sur place au moment de l'accident n'ont été faites que 24 heures plus tard, et que les policiers n'ont toujours pas été entendus par le juge d'instruction. Maître Bouzrou demande donc au procureur général de la cour d'appel de Versailles le dépaysement de l'enquête.

La famille conteste la version de la police

Le 6 octobre 2019, dans le quartier de la Cerisaie de Villiers-le-Bel, alors que des policiers interpellaient un autre homme en défaut de permis de conduire, d'autres policiers, venus en renfort, ont alors vu arriver un jeune en moto à "vitesse élevée", avait indiqué le préfet du Val-d'Oise dans un communiqué. Le motard avait chuté et percuté un lampadaire alors que des policiers lui avaient demandé de ralentir.

La famille de la victime avait déposé plainte contre X pour homicide involontaire le lendemain des faits, contestant la version de la police. Vingt-quatre heures après la mort du jeune homme, un millier de personnes s'étaient rassemblées à Villiers-le-Bel pour réclamer "la vérité" sur les circonstances de la mort d'Ibrahima et une information judiciaire avait été ouverte trois jours après l'accident.