Isère : Bernadette Dimet condamnée à cinq ans de prison avec sursis pour avoir tué son mari violent

L'accusée a effectué dix mois de détention provisoire, de janvier à novembre 2012. Elle encourait la réclusion criminelle à perpétuité pour assassinat.

Le palais de justice de Grenoble, jeudi 4 février 2016, pendant le jugement de l\'affaire Bernadette Dimet, accusée d\'avoir tué son mari violent en 2012.
Le palais de justice de Grenoble, jeudi 4 février 2016, pendant le jugement de l'affaire Bernadette Dimet, accusée d'avoir tué son mari violent en 2012. (MAXPPP)

Bernadette Dimet ne retournera pas en prison. Elle été condamnée à cinq ans de prison avec sursis, vendredi 5 février, aux assises de l'Isère, pour l'assassinat en 2012 de son mari, qui la battait régulièrement, dans un procès qui a fait écho à l'affaire Jacqueline Sauvage. Le 2 janvier 2012, après une altercation avec son mari, Bernard Bert, 62 ans, elle s'était rendue, armée d'un fusil de chasse, dans une clairière de Parmilieu (Isère), et avait tiré deux cartouches dont l'une avait touché mortellement son mari.

La veille, l'audience avait été marquée par l'audition des deux enfants du couple, Denis et Christophe Bert. Et le lourd secret qui a "bousillé" leur vie : Bernard Bert a eu un autre fils en violant Christiane Dimet, 59 ans, une des sœurs de Bernadette. "Il m'a violée plusieurs fois, après avoir essayé de me séduire (...) J'étais sous son emprise. Il a essayé de m'étrangler plusieurs fois ou de m'écraser avec sa voiture", a témoigné Christiane Dimet, 59 ans, évoquant un calvaire de "plusieurs années."

"Je suis partie dans l'intention de me suicider"

"Je suis partie dans l'intention de me suicider. Il m'a poursuivie, s'est approché de moi et m'a fait peur. Le coup est parti", avait affirmé Bernadette Dimet, 60 ans, durant le procès. Accusée initialement d'assassinat, elle a été condamnée finalement pour des faits de "violences volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner". Les jurés ont écarté la préméditation, mais aussi l'intention de tuer.

L'avocate générale, Thérèse Brunisso, avait contesté cette version dans son réquisitoire, soulignant que l'accusée n'avait pas besoin de se munir de quatre cartouches si elle voulait se suicider. La magistrate avait requis huit ans ferme, sans nier les "violences physiques et psychologiques", le "harcèlement", les "menaces" dont l'accusée dit avoir été victime pendant quarante années de vie conjugale.