VIDEO. Incendies, canicule, sécheresse... L'été 2018, un avant-goût du réchauffement climatique ?

"Dans les années 1950, lorsqu'on avait une vague de chaleur à un endroit dans le monde, en général il n'y en avait pas ailleurs", explique Robert Vautard, climatologue au CNRS.

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Canicule au Japon, incendies en Californie, sécheresse en Scandinavie, records de températures en Europe... L'été 2018 a été particulièrement remarquable côté climat. Et ce n'est pas tout. "On a aussi eu un autre phénomène très marquant : l'ouverture de la banquise au nord du Groenland dans une région où l'on pensait que la banquise serait très peu vulnérable", renchérit Robert Vautard, climatologue au CNRS, interrogé par franceinfo. Et selon lui, il ne s'agit que d'un avant-goût du climat prévu dans les décennies à venir.

"Dans les années 1950, lorsqu'on avait une vague de chaleur à un endroit dans le monde, il n'y en avait pas en général ailleurs. C'était très isolé. Là, aujourd'hui, on a plusieurs vagues de chaleur en même temps, explique le scientifique. Les températures qu'on a connues [pendant l'été 2018] vont certainement devenir des températures plutôt normales dans les décennies à venir."

"Ces perturbations sont amplifiées par le réchauffement climatique"

L'une des raisons de ce phénomène est désormais clairement identifiée : l'homme. "Ces perturbations sont amplifiées par le réchauffement climatique. Les températures qu'on a enregistrées en Europe, on aurait eu très peu de chance de les obtenir sans changement climatique", précise le climatologue.

Et les étés risquent de devenir de plus en plus chauds. "On a un écart à la normale sur tout l'été de 2 °C en France, mais on sait que dans certains scénarios pour la fin du siècle, on a des écarts qui sont bien plus grands que deux degrés, ils peuvent aller jusqu'à 10 degrés", alerte Robert Vautard.

Des incendies en Californie (Etats-Unis), le 30 juillet 2018.
Des incendies en Californie (Etats-Unis), le 30 juillet 2018. (JOSH EDELSON / AFP)