"On est là pour aider les gens à ne pas tomber dans l'irrationnel" : à Rouen, la cellule psychologique écoute et rassure les habitants après l'incendie

Des professionnels accueillent les habitants qui en ressentent le besoin, une semaine après l'incendie de l'usine Lubrizol de Rouen.

Un homme regarde l\'usine Lubrizol de Rouen, le 26 septembre 2019.
Un homme regarde l'usine Lubrizol de Rouen, le 26 septembre 2019. (PHILIPPE LOPEZ / AFP)

"Cela fait du bien d'évacuer, je pense que le temps fera son œuvre", confie Émilie, à la sortie de la cellule d'accueil psychologique, mise en place à Rouen mercredi 2 octobre après l'incendie de l'usine Lubrizol. Pilotée par l'agence régionale de santé (ARS) et la préfecture de Seine-Maritime, elle est destinée à tous les habitants qui exprimeraient le besoin de se confier.

Émilie, professeure rouennaise, fait donc partie des premières personnes qui se sont présentées : "Je suis partie avec mes enfants sous le bras à 6h30 du matin." Elle avait besoin de parler de cette nuit de cauchemar. Parler de l'explosion, de ces fumées noires, de la panique.

Ils sont très à l'écoute, ça fait du bien. Ils m'ont dit que si je ne dormais pas dans trois semaines, il fallait que je consulte. Pour l'instant j'ai des insomnies de 2 à 4 heures.Émilieà franceinfo

"On est ici pour soulager les symptômes et aider les gens à être le moins stressés possible dans leur quotidien", explique pour sa part Christian Navarre, psychiatre référent de la cellule d'urgence médico-psychologique de Seine-Maritime. Il est sollicité presque systématiquement sur les odeurs d'hydrocarbures qui parfois, se font encore sentir.

Éviter la "psychose collective"

"On n'est pas dans la folie, il y a une odeur que nous pouvons même ressentir à cet instant, témoigne le psychiatre. Les autorités sont rassurantes, il n'y a aucune raison de ne pas avoir confiance en des gens qui sont censés s'occuper de nous. Après, on est dans une société qui est très rapidement dans l'hyper-émotion. Nous, on est juste là pour aider les gens à ne pas tomber dans l'irrationnel et dans ce qu'on appelle pompeusement la 'psychose collective'."

C'est exactement la crainte des autorités qui doivent faire face à la défiance d'une partie de la population. Cette cellule est là aussi pour apporter une écoute et tenter de rassurer. De nouvelles permanences sont organisées jeudi et vendredi de 10 heures à 16 heures au centre municipal Charlotte-Delbo de Rouen.