Lubrizol : l’association des sinistrés obtient 15 000 euros pour financer une contre-expertise

Quinze mois après l’incendie de milliers de tonnes de produits chimiques stockées sur le site de Lubrizol à Petit-Quevilly près de Rouen, les sinistrés se battent pour obtenir des expertises indépendantes de celles de l’industriel et de l’Etat. La subvention votée par le conseil municipal de Rouen va leur permettre d’effectuer de nouveaux prélèvements.

Une nouvelle qui tombe comme un cadeau de Noël pour les victimes de l’incendie de l’usine Lubrizol qui se battent depuis septembre 2019 pour faire toute la vérité sur le sinistre. Des sinistrés qui ne font pas confiance aux expertises diligentées par Lubrizol comme par l’Etat et qui réclament que des prélèvements soient effectués, aussi bien sur l’environnement que sur eux-mêmes. Mais jusqu’ici, l’association ne disposait pas des fonds pour financer ces prélèvements. La décision de la mairie de Rouen de leur allouer 15 000 euros de subventions va leur permettre de relancer le dossier et, espèrent-ils, d’en savoir plus sur la présence des produits qui ont brulé, dans leur environnement et dans leur organisme.

Contre-pouvoir essentiel

Pour le maire de Rouen, pas de procès d’intention mais lors de sa campagne des municipales au printemps dernier, il s'était engagé à soutenir cette participation citoyenne, un contre-pouvoir essentiel à ses yeux, face à l'Etat et aux industries. Ces 15 000 euros de subventions pourraient s'accompagner d'autres aides l'année prochaine, notamment si le conseil citoyen s'associe à ce projet. 

Je ne dis pas que rien n’a été fait, mais ce qui a été fait a été trop peu et trop tard. La parole mais aussi l’expertise des citoyens n’ont pas été suffisamment prises en compte, par l’Etat en particulier.

Nicolas Mayer-Rossignol

Maire (PS) de Rouen

Une bannière accrochée à la préfecture de Rouen, le 26 septembre 2020, lors de la manifestation, un an après l\'incendie de l\'usine Lubrizol.
Une bannière accrochée à la préfecture de Rouen, le 26 septembre 2020, lors de la manifestation, un an après l'incendie de l'usine Lubrizol. (LOU BENOIST / AFP)