Incendie de Lubrizol : "On est sur la bonne piste", estime le président de l'association des victimes après la publication d'un rapport d'expertise

Un nouveau rapport d'expertise privilégie l'hypothèse que l'incendie est parti de l'usine Lubrizol et non de chez son voisin. Les victimes dénoncent la "grande omerta" qui entoure les zones industrielles.

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Radio France
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Site de Lubrizol photographié un an après l'incendie. (VÉRONIQUE REBEYROTTE / RADIOFRANCE)

"C'est une deuxième victoire après la mise en examen" de la société Lubrizol en février dernier pour atteinte grave à l'environnement, a estimé dimanche 5 décembre sur franceinfo le président de l'association des victimes de l'incendie, Simon de Carvalho. Selon un rapport d'expertise que France Bleu Normandie a pu consulter, l'incendie de Lubrizol du 26 septembre 2019 serait parti de l'usine et non de chez son voisin Normandie Logistique. "Cela nous dit qu'on est sur la bonne piste et ça interroge sur la surveillance que devait mener l'État", estime Simon de Carvalho.

"Ça pose beaucoup de questions quant à la surveillance du site", insiste-t-il.

Il y avait 60 tonnes de pentasulfure de phosphore qui se baladaient en plein incendie. Imaginez le rayon de danger si ça avait pris feu !

Simon de Carvalho, président de l'association des victimes de l'incendie de l'usine Lubrizol

à franceinfo

Simon de Carvalho se demande "dans quelle conditions sont stockés et déplacés ce genre de produits hautement toxiques et dangereux". Le président de l'association des victimes de l'incendie de Lubrizol souligne qu'il est "très difficile d'obtenir des informations" sur les produits et leurs quantités stockés par la société mais aussi sur les études d'impact et de danger que "réclame toute la population pour prendre vraiment la mesure du risque".

Une condamnation pour l'exemple

Simon de Carvalho regrette par ailleurs qu'il n'y ait "aucun suivi sanitaire" alors que, selon lui, Lubrizol a "intoxiqué" et "pollué" les environs. "Il y a des problèmes d'asthme, des problèmes respiratoires, des problèmes ORL et on attend toujours que l'État agisse pour avoir des registres de malformations et de cancers". Il dénonce "une grande omerta" dans les zones industrielles et espère une condamnation pour "faire un exemple". La direction de Lubrizol a annoncé dimanche la possibilité qu'il y ait une contre-expertise. "On s'en doutait", réagit Simon de Carvalho. "Il vont utiliser tout ce qu'ils ont en leur pouvoir pour essayer de ralentir le dossier, voire essayer de l'annuler".

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