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Incendie à Rouen : "À partir du moment où on a eu des informations contradictoires, c'est normal qu'il y ait une enquête"

Éric Coquerel, député de Seine-Saint-Denis, justifie la demande de création d'une commission d'enquête parlementaire déposée par La France insoumise.

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Radio France
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Éric Coquerel, député LFI de Seine-Saint-Denis. (JEAN-CHRISTOPHE BOURDILLAT / FRANCE-INFO)

Le groupe La France insoumise à l'Assemblée nationale réclame la création d'une commission d'enquête parlementaire, après l'incendie de l'usine Lubrizol à Rouen. Une proposition de résolution a été déposée en ce sens lundi 30 septembre. "À partir du moment où on a eu des informations contradictoires, je pense que c'est normal qu'il y ait une enquête", a expliqué sur franceinfo Éric Coquerel, député LFI de Seine-Saint-Denis.

franceinfo : Pourquoi souhaitez-vous la création d'une commission d'enquête parlementaire ?

Éric Coquerel : Il faut qu'on sache trois choses : est-ce que toutes les mesures ont été prises, notamment en termes de communication et d'information, dans les jours qui ont suivi cet incendie ? Il y a eu des déclarations contradictoires du préfet et de [la ministre de la Santé] Agnès Buzyn, qui explique qu'il y avait bien pollution. D'un côté on dit que ce n'est pas dangereux, de l'autre on explique qu'on ne peut pas manger les produits agricoles recouverts de suie. La deuxième chose, c'est de savoir s'il y a eu un suivi suffisant des différents accidents qu'a eus cette usine, trois en cinq ans. Et puis il y a une question plus globale : le nombre d'inspecteurs baisse dans le pays depuis des années. Il y a moitié moins d'inspections qu'il y a 15 ans. Est-ce qu'il n'y a pas un manquement de l'État sur le suivi des sites Seveso ?

Vous mettez en cause la version de l'État ?

L'Assemblée nationale a un rôle de contre-pouvoir, c'est pour cela qu'elle demande parfois des commissions d'enquête. Nous sommes le pays qui a déclaré que le nuage de Tchernobyl s'était arrêté aux frontières. Je ne dis pas que nous sommes dans un cas aussi énorme, mais à partir du moment où on a eu des informations contradictoires, je pense que c'est normal qu'il y ait une enquête.

Vous participerez à la manifestation organisée mardi à Rouen ?

C'est une manifestation où les gens demandent la vérité. Cela me semble normal, qu'en tant que parlementaire de la nation, je sois présent pour dire que je soutiens. Il faut une commission d'enquête et une commission administrative qui nous permettront de voir où on en est pour cette usine-là, et pour la question de la prévision des risques dans ce pays.

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