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Depuis 2016, les sites Seveso connaissent une hausse des accidents

Depuis l'incendie de Lubrizol à Rouen, certains internautes s'émeuvent de voir d'autres départs de feu dans des usines françaises.

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Radio France
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Incendie de l'usine Lubrizol à Rouen (Seine-Maritime), 26 septembre 2019.  (ALEXANDRE BIORET / FRANCE-BLEU HAUTE-NORMANDIE)

L'incendie à Lubrizol à Rouen a mis en avant un phénomène peu médiatisé : l'accidentologie dans les sites Seveso en France. Avec une deuxième usine mise à l'arrêt dans l'agglomération rouennaise et une autre au Havre, victime d'un incendie, des internautes se sont alarmés de voir ces accidents se multiplier. S'ils ne s'accélèrent pas particulièrement ces derniers jours, les incidents dans ce type de site augmentent depuis trois ans. 

278 accidents l'an dernier 

En 2018, 278 accidents ou incidents ont été relevés dans le rapport annuel du Barpi, le bureau d’analyse des risques et des pollutions industriels (voir en bas de page). En France, un quart des accidents dans des installations classées concernent des sites Seveso. Un chiffre en hausse comparé aux 22 % de l'an dernier ou aux 15 % de 2016. 

La plupart du temps, ces accidents sont des incendies. Ils représentent 46 % des sinistres. Il y a ensuite le rejet des matières dangereuses. Le secteur du traitement des déchets, l'industrie chimique et pharmaceutique sont les plus concernés par ces accidents. 

Des conséquences d'abord économiques 

Selon le rapport du Barpi, la première conséquence de ces accidents est surtout économique. Dans 80 % des cas, l'activité se trouve réduite ou arrêtée. L'impact environnemental est aussi important. Il concerne quasiment un accident sur trois en France, contre un sur quatre en 2017. La pollution vient essentiellement du rejet de matières dangereuses ou des fumées d'incendies. 

Ces accidents sont dans plus de 90 % des cas dus à des "facteurs organisationnels" pointe le rapport du Barpi : choix des équipements, organisation des contrôles ou encore manque de retour d'expériences. Selon le document, des consignes ou des procédures de sécurité ne sont pas assez écrites ou affichées à l'attention des salariés. La sous-traitance est aussi visée, avec des prestataires qui travaillent sur des installations qui ne leurs sont pas familières.

Enfin, le rapport constate qu'en 2018, certains accidents, déjà survenus dans une entreprise, se sont répétés sur le même site. 

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