Comité pour la transparence à Rouen : "Il faut qu’on ait d’autres réunions comme celles-ci"

"Aujourd’hui, c’était une étape importante", reconnaît l'une des élues qui a participé au comité. "Il faut qu’on ait d’autres réunions comme celles-ci pour poser toutes les questions qu’on a à poser".

Le comité pour la transparence et le dialogue a réuni vendredi 11 octobre à Rouen des ministres, des élus locaux, des industriels, des agriculteurs et des associations.
Le comité pour la transparence et le dialogue a réuni vendredi 11 octobre à Rouen des ministres, des élus locaux, des industriels, des agriculteurs et des associations. (LOU BENOIST / AFP)

Les ministres Agnès Buzyn, Élisabeth Borne et Didier Guillaume étaient en visite à Rouen vendredi 11 octobre pour installer le comité pour la transparence et le dialogue, deux semaines après l’incendie de l’usine Lubrizol. Ce comité a pour but de suivre l’évolution et les conséquences de la catastrophe industrielle. Il réunit l’ensemble des acteurs concernés comme les habitants, les élus, les industriels ou encore les associations environnementales. La maire de Canteleu a assisté à cette réunion. "Il faut qu’on ait d’autres réunions comme celles-ci pour poser toutes les questions qu’on a à poser", a déclaré sur franceinfo Mélanie Boulanger.

franceinfo : Certains maires étaient dans une forme de défiance. Est-ce que ça s’arrange ?

Mélanie Boulanger : Je ne sais pas si on était dans une forme de défiance. Nous sommes dans l’inquiétude, d’attente des résultats, des vérités. On le répète depuis 15 jours. Nous voulons des réponses. Ma collègue de Petit-Quevilly [Charlotte Goujon] a demandé la date à laquelle seront enlevés les fûts. Cela va générer une tension, une inquiétude encore plus forte. Ce n’est pas de la défiance, c’est vouloir savoir. Aujourd’hui, c’était une étape importante. On n’a pas pu poser toutes les questions. Le député Christophe Bouillon [PS] a demandé que soit donnée la date de la prochaine réunion. C’était bien de l’installer ce comité de transparence mais il faut qu’il soit suivi. Il faut qu’on ait d’autres réunions comme celles-ci pour poser toutes les questions qu’on a à poser.

Pour vous avec ces résultats, il faut relancer la production de lait ?

L’élevage c’est vital. Par exemple, la situation du pays de Bray est capitale car c’est là qu’on crée le Neufchâtel. Il est fait avec le lait de vaches. C’est l’image de tout un territoire. On a eu un engagement du ministre et de l’entreprise d’indemniser à l’euro prêt les éleveurs et les laitiers. Il n’y a pas que la question du lait. Il y a aussi la question de l’alimentation des animaux. Au-delà de la situation des agriculteurs, c’est tous les habitants qui sont inquiets pour leur santé. C’est aussi des années de politiques publiques qu’il va falloir rattraper. Il y a quelques mois la presse était présente à Rouen pour l’Armada [rassemblement mondial de voiliers], un bel évènement qui a attiré plein de gens. Tous ces efforts, il va falloir les reconquérir. C’est l’image d’un territoire qui est affaibli. Donc au-delà de l’indemnisation des agriculteurs, au-delà de l’attention qu’il faut avoir pour la santé des habitants c’est aussi pour tout un territoire qui a un patrimoine à défendre, une situation touristique à défendre et puis des atouts à défendre qui sont mis à mal avec cette crise.

Les analyses sont rassurantes, vous en êtes convaincue ?

Je pense qu’il faut prendre en compte le fait qu’il y a des choses rassurantes. On a tous autour de nous, des gens qui souffrent et qui sont asthmatiques. Ils ont subi le panache de fumée. J’ai vu un agent de la commune qui doit passer un scanner parce que l’exposition aux fumées et aux odeurs l’a incommodé fortement. J’ai aussi deux pompiers qui étaient sur site le jour de l’incendie. Il y en a une qui est très inquiète. Les propos rassurants pour dire tout va bien, peut-être, mais on a des gens autour de nous qui sont inquiets.