Feux de forêts : les incendies touchent désormais "tous les départements" estime la Fédération nationale des sapeurs-pompiers

Si les pompiers avaient "l'habitude d'avoir des feux de forêt dans le sud", le phénomène s'étend désormais à tous les départements français deplore Hugues Deregnaucourt, vice-président de la Fédération nationale des sapeurs-pompiers de France

Incendie à Port-de-Bouc (Bouches-du-Rhône) le 4 août 2020. 
Incendie à Port-de-Bouc (Bouches-du-Rhône) le 4 août 2020.  (SERGE GUEROULT / MAXPPP)

"Nous avions l'habitude d'avoir des feux de forêt dans le sud de la France", a indiqué sur franceinfo dimanche 9 août Hugues Deregnaucourt, vice-président de la fédération nationale des sapeurs-pompiers de France. Les incendies se multiplient, et le phénomène s'étend désormais à tous les départements français, "ce qui n'était pas le cas il y a encore une dizaine d'années". Un nouveau risque qui pose la question de la répartition des moyens de lutte au niveau national. "Les causes sont multiples", a rappelé Hugues Deregnaucourt. La canicule, la sécheresse, mais également "l'imprudence", puisque "90% des feux sont d'origine humaine".


franceinfo : Comment expliquer la multiplication des incendies ces derniers jours ?


Hugues Deregnaucourt : Les causes sont multiples. On a énormément de départements, quinze départements, qui sont placés en alerte rouge canicule. Le mois de mai 2020 a été recensé comme celui le plus chaud au niveau des différentes statistiques qui sont à notre disposition. On a aussi près de 50% des départements qui ont eu un déficit hydrique. Donc cette canicule, ces fortes chaleurs, ajoutées à la sécheresse, et puis des vents qui peuvent être importants, font que maintenant, tous les départements sont touchés.

Ajoutez à cela de l'imprudence, parce qu'il faut savoir que près de 90% des feux sont d'origine humaine. Pas forcément intentionnel, mais souvent accidentel.Hugues Deregnaucourtà franceinfo

Donc tout ça fait qu'aujourd'hui, on est sur toute la France mobilisés par rapport à ce risque, ce qui n'était pas le cas il y a encore une dizaine d'années.


Le risque relatif aux incendies s'étend-il sur des zones plus larges aujourd'hui ?


Nous avions l'habitude d'avoir des feux de forêt dans le Sud de la France, l'arc méditerranéen, un peu le Sud-Ouest. Aujourd'hui, on a des feux naturels qui englobent tous les départements français. A titre d'exemple, l'année dernière, en 2019, nous avons recensé 15 000 hectares brûlés dans la zone Sud de la France, et près de 8 500 hectares dans la zone Nord. Donc on voit bien que ce phénomène est en train de se développer.


La moitié nord du pays est désormais plus vulnérable aux incendies. La sécurité civile dispose-t-elle de moyens suffisants pour faire face à ce nouveau risque ?


La majorité des départements sont organisés en mutualisant leurs moyens. Donc régulièrement nous envoyons des renforts de toute la France vers le Sud, quand ils ont des interventions importantes, pour qu'on puisse les aider. Aujourd'hui, ces moyens restent plutôt au niveau des départements, pour assurer leur propre protection. Donc ça veut dire qu'il va falloir aujourd'hui certainement moins compter sur ces départements, qui vont eux-mêmes garder leurs moyens, et au niveau du Sud de la France, imaginer d'autres solutions.

Cela veut dire surtout une plus grande anticipation. Il faut que la direction générale anticipe énormément, et pour cela, il faut qu'on ait plus de disponibilités. Il faut savoir que près de 70% de nos interventions sont réalisées par nos pompiers volontaires, qui assurent, avec les professionnels, l'ensemble des moyens de la sécurité civile. Donc il faut que nos sapeurs-pompiers volontaires puissent être libérés pour pouvoir faire plus de préventif par rapport à ces risques.