Homme abattu par un gendarme à Chinon : "Pas de quoi douter de la position de légitime défense"

Pour le procureur de Tours, le gendarme qui a tué un homme à Chinon (Indre-et-Loire) samedi dernier, avait toutes les raisons d'être en situation de légitime défense.

Le procureur de la République de Tours,Jean-Luc Beck, le 7 avril 2015. Photo d\'illustration.
Le procureur de la République de Tours,Jean-Luc Beck, le 7 avril 2015. Photo d'illustration. (GUILLAUME SOUVANT / AFP)

L'Inspection générale de la gendarmerie nationale (IGGN) a ouvert une enquête pour déterminer les circonstances dans lesquelles un gendarme a tué un homme qui le menaçait avec une arme factice samedi 23 juin à Chinon (Indre-et-Loire). De son côté, le procureur de la République de Tours a estimé lundi 25 juin sur France Bleu Touraine que le gendarme avait pu "légitimement se sentir menacé."

Un homme "surexcité"

Le procureur, Jean-Luc Beck, est également revenu sur les circonstances de la mort de cet homme de 49 ans, dans la nuit de vendredi à samedi dernier, présentant la victime comme un homme "irascible", qui avait menacé un voisin avec un fusil en avril dernier, et "qui n'était pas dans son état normal" vendredi dernier. L'homme a déjà été condamné une dizaine de fois pour des violences commises sous l'emprise de l'alcool ou de stupéfiants.

Appelés pour tapage nocturne, les gendarmes interviennent dans une maison du centre-ville de Chinon, dans la nuit de vendredi à samedi. Ils font alors face, selon le procureur, à l'occupant des lieux, qui tient des propos incohérents et dont l'attitude est menaçante. "L'individu est surexcité, il parle de religion, d'Allah Akbar et compagnie, manifestement des propos incohérents.", explique ainsi le procureur.  

La discussion s'engage tout de même pendant quelques minutes, puis l'intéressé leur annonce qu'il est au bout du rouleau et qu'il a une arme.Jean-Luc Beck, procureur de ToursFrance Bleu Touraine

L'individu recule alors de quelques pas, puis "se penche et se relève en tenant quelque chose dans son dos." "Très rapidement, il exhibe ce qui semble être une arme de type Beretta", détaille le procureur. Le gendarme dégaine et lui demande de poser son arme, "de ne pas faire l'andouille", mais l'individu continue à avancer en manipulant la culasse de l'arme, qui semble - selon le récit fait par le procureur - "avoir fait un clic métallique."

C'est à ce moment que le gendarme ouvre le feu, une première fois, sans toucher le mis en cause. Ce dernier continue à avancer. Selon le procureur, le gendarme, qui n'a plus la possibilité de reculer car il est "coincé par une rambarde au bout du couloir", tire une deuxième fois, touchant l'homme de 49 ans dans le bas-ventre.

Une autopsie prévu ce lundi

On découvrira ensuite que l'arme état factice, mais de très bonne facture. "En l'état, je n'ai pas de quoi douter de la position de légitime défense du gendarme", a ajouté Jean-Luc Beck. L'autopsie pratiquée le 25 juin devrait permettre de déterminer si l'homme était sous l'emprise de l'alcool ou de stupéfiants au moment du drame.