Gers : des milliers de poissons morts après le saccage d'un étang protégé

L'étang du Moura, paradis des poissons sur la commune d'Avéron-Bergelle, a été vandalisé dans la nuit de samedi à dimanche. Et le bilan est lourd : des centaines de milliers de poissons et de tortues dont des cistudes d'Europe, espèce hautement protégée, sont morts après l'assèchement quasi-total de l'étang. Le Conseil général a porté plainte.

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Franceinfo (Franceinfo)

Des carpes flottent dans une
faible étendue d'eau, reste dramatique de l'assèchement, tandis que des
carapaces de tortues jonchent le rivage. Une vision d'apocalypse après le
saccage dans la nuit de samedi à dimanche de l'étang du Moura dans le Gers.

***"Désastre environnemental et patrimonial"



Alors qu'il
avait été acheté en mars dernier par le Conseil général, ce paradis
écologique créé au Moyen Âge par des moines cisterciens, a
été victime de plusieurs malfaiteurs qui ont vidé l'eau en brisant la
vanne de
vidange, avant d'incendier et vandaliser une cabane de pêche bâtie au
XVIIIe
siècle. Résultat : des centaines de milliers d'alevins, de carpes, d'anguilles, et de tortues en voie de disparition, les Cistudes d'Europe, ont été tués.

Le Conseil général a déploré un "désastre environnemental et pratrimonial" et son président, Philippe Martin, a déposé plainte contre X, "pour que soient retrouvés et
sanctionnés les auteurs de ces dégradations inacceptables et qui devront être
condamnés avec fermeté"
, selon un communiqué.

Les agriculteurs gersois visés

Ce désastre intervient quelques jours après la mise en place d'un nouvel arrêté de restriction d'eau sur l'Adour par la préfecture alors que bon nombre d'agriculteurs se fournissaient en eau dans l'étang pour irriguer leurs champs. Parmi les tags inscrits sur la bâtisse brûlée, il est possible de lire "Martin (Philippe Martin), tu peux en acheter un autre" ou encore "De l'eau pour tortues" .

Inévitablement, les agriculteurs, mécontents de la politique d'irrigation dans le département, ont été pointés du doigt tandis qu'une enquête de la police scientifique de Toulouse est en cours.

Classé en ZNIEFF (Zones Naturelles d'Intérêt Écologique Floristique et Faunistique), le site inscrit au programme Natura 2000, possédait une biodiversité remarquable.