"Il ne connaît rien au sujet" : le premier adjoint de Paris tacle l'élu qui a lancé la polémique sur l'état du réseau de gaz

Emmanuel Grégoire, premier adjoint à la mairie de Paris, assure lundi sur franceinfo que le réseau de distribution du gaz dans la capitale n'était pas vétuste, contrairement à ce qu'a soutenu le conseiller de Paris Alexandre Vesperini, élu divers droite, après l'explosion rue de Trévise. 

franceinfo

"Aucun retard d'investissement, aucune vétusté du réseau" : le premier adjoint à la maire de Paris, Emmanuel Grégoire, a affirmé lundi 14 janvier sur franceinfo que le réseau de distribution du gaz dans la capitale "n'est pas vétuste". Il accuse le conseiller de Paris Alexandre Vesperini, élu divers droite, de ne rien connaître au sujet. Quelques heures après l'explosion survenue dans la rue de Trévise, à Paris, qui a fait 4 morts et 54 blessés samedi, ce conseiller de Paris, membre de la commission supérieure de contrôle du gaz, avait dénoncé la vétusté du réseau, évoquant même un "boulet meurtrier" menaçant la capitale.

franceinfo : Le conseiller de Paris Alexandre Vesperini, membre de la commission supérieure de contrôle du gaz, a estimé que l'état du réseau de distribution de gaz posait "un problème meurtrier'" Que lui répondez-vous ?

Emmanuel Grégoire : La dernière commission, il y est allé 15 minutes sur les 3 heures qu'a duré la réunion, il n'y a pas pris la parole, comme toutes les fois où cette commission s'est réunie depuis 2014. C'est un membre fantôme, silencieux en tout cas. C'est quelqu'un qui se fait un tout petit peu de publicité sur un drame qui mériterait un tout petit peu plus de sérieux. Le réseau n'est pas vétuste. Plus de 52% de ce réseau a été renouvelé intégralement depuis 1990, et tous les ans, il fait l'objet d'investissements massifs. Simplement, la gouvernance de la distribution du gaz est compliquée, parce que jusqu'au pied des immeubles, c'est GRDF. Dans les immeubles, une partie relève de GRDF, une partie relève des propriétaires, et à l'intérieur des logements, cela relève de l'occupant. Et donc, c'est vrai, il peut arriver qu'il y ait un défaut de vigilance dans la coordination de ces acteurs, et que notamment à l'occasion de travaux privés, il y ait des imprudences qui soient commises par les entreprises.

Est-ce qu'il ne faudrait pas simplifier ça ?

Non, il ne faut pas simplifier, il faut juste informer. On ne va pas transférer la responsabilité de l'intérieur des logements à GRDF, ça n'existe pas. Ce qu'il pointait du doigt, c'est un sujet qui en réalité n'est pas un problème, c'est le fait que les réseaux sont propriété des communes, et qu'ils sont mis en délégation auprès d'un prestataire qui est en monopole, et je crois que c'est une fierté française qui s'appelle GRDF. Il faut rappeler que ces incidents qui sont dramatiques sont rarissimes, heureusement. Et donc ce drame, il faudra voir dans quelles circonstances il est intervenu et notamment sur quelle partie du réseau il est intervenu. Mais vu la nature de l'explosion, c'est plutôt dans la partie à l'intérieur de l'immeuble qu'il y a eu le problème. Il faut vraiment à chaque fois bien sensibiliser les copropriétés et les entreprises qui interviennent, du signalement des réseaux, vérifier qu'ils sont bien formés à intervenir dans des environnements où il y a des réseaux de gaz, et qu'on peut toujours faire mieux. Oui, il peut arriver qu'une partie de réseau, à l'intérieur d'immeuble, mérite des travaux.

Il n'y a pas d'épée de Damoclès au-dessus des Parisiens comme semble le dire M. Vesperini ?

Pas du tout, il y a plus de 40 millions d'euros qui sont investis chaque année à Paris dans le réseau. Quand il y a des suspicions, de la part de copropriétés, il faut le signaler à GRDF. Nous sommes nous-mêmes en train de négocier un renouvellement de la concession avec GRDF, qui fait l'objet de points extrêmement précis, et ça a été l'occasion de faire un très gros audit sur l'état du réseau, l'état des investissements dans la durée.

Ne faut-il pas intensifier les travaux ?

C'est difficile à ce stade de dire où et quand il faut intensifier, mais les travaux sont faits. Il n'y a aucun retard d'investissement, aucune vétusté du réseau. Il peut arriver qu'à certains endroits, il y ait des fragilités, mais il faut rassurer les gens sur la distribution du gaz, et ne pas jeter comme cela en pâture des polémiques.

Justement, est-ce qu'il y avait des travaux rue de Trévise ?

Ca je ne sais pas, c'est l'enquête qui devra le déterminer. Je ne connais pas l'état du réseau rue de Trévise. C'est à l'issue de cette enquête et pas avant l'enquête qu'on tire les sonnettes d'alarme.

Quelles sont les causes de ce drame ?

Une enquête est en cours, mais compte-tenu de la nature de la déflagration et de l'onde de choc, il semble évident que c'est lié à une poche de gaz, et probablement, d'après ce que disent les premiers éléments d'analyse, une très grosse poche de gaz, ce qui a évidemment surpris les pompiers, par la virulence de l'explosion. Une enquête devra déterminer dans quelles circonstances est intervenue cette fuite et dans quelles circonstances elle a pu provoquer une telle explosion. Ce qui est certain c'est que le gaz est par nature une matière première dangereuse, comme l'est aussi l'essence, et donc qui nécessite de la vigilance, notamment quand il y a des travaux dans les immeubles.

Emmanuel Grégoire, premier adjoint au Budget, à la transformation des politiques publiques et aux relations avec les arrondissements.
Emmanuel Grégoire, premier adjoint au Budget, à la transformation des politiques publiques et aux relations avec les arrondissements. (FRANCEINFO)