"C'est la désolation, la scène est figée" : un an après l'explosion, la rue de Trévise à Paris est loin d'avoir tourné la page

Un an jour pour jour après l’explosion de gaz rue de Trévise, dans le 9e arrondissement de Paris, une cérémonie d’hommage est organisée dimanche.

Un pompier aidant une sinistrée de la rue de Trévise, à Paris, le 12 janvier 2019.
Un pompier aidant une sinistrée de la rue de Trévise, à Paris, le 12 janvier 2019. (THOMAS SAMSON / AFP)

L'explosion de la rue de Trévise le 12 janvier 2019 à Paris a fait quatre morts et 66 blessés, après avoir notamment soufflé une boulangerie. Dimanche 12 janvier 2020, une cérémonie d'hommage est organisée à 9 heures dans la plus stricte intimité avant une cérémonie religieuse à 9h45 puis un rassemblement à 11 heures, à l’angle des rues Sainte-Cécile et de Trévise.

Selon GRDF, il s’agit de l’accident "le plus grave depuis une explosion dans le centre de Lyon en février 2008". Aujourd'hui rue de Trévise, six immeubles sont toujours sous le coup d’un arrêté d’interdiction d’occupation temporaire.

"Ce quartier est profondément meurtri"

Depuis l'explosion il y a un an les lieux n'ont guère changé, comme l'explique à franceinfo Daphné Burkli, maire du 9e arrondissement."Il y a toujours des tonnes de gravats, de décombres, c'est la désolation, la scène est figée. Ce quartier est profondément meurtri et un an après les blessures sont encore extrêmement profondes."

Blessures physiques et psychologiques : des dizaines de personnes sont encore suivies pour des syndromes de stress post-traumatiques et 200 habitants ne peuvent toujours pas rentrer chez eux. C'est le cas de Marielle, propriétaire au 13 rue Sainte-Cécile : "Au début on nous a dit 'c'est GRDF qui ne veut pas à cause de l'enquête judiciaire'. Maintenant que l'enquête judiciaire est passée, tout est bloqué quand même. C'est inadmissible qu'on soit bloqué juste pour des gravats."

On a l'impression que tout le monde va s'occuper de nous assidûment et qu'on va s'en sortir très rapidement, et finalement on s'aperçoit que le temps passe et que ça peut durer des années. C'est un gros préjudice que les gens subissent.Marielle, riveraine qui ne peut pas retourner chez elleà franceinfo

Ce préjudice est également parfois financier. Elsa et son mari perdent 1 000 euros par mois. "On avait malheureusement été résiliés pour sinistre très peu de temps avant l'explosion, donc nous n'avions pas pu retrouver d'assurance. On a l'assurance de l'immeuble mais pour une durée limitée, et un montant bien inférieur à ce que nous coûte notre nouveau logement."

Bataille de responsabilités

Il y a aussi tout un microcosme économique qui a souffert : 200 personnes ont perdu leur outil de travail. Et la bataille des responsabilités est loin d'être terminée même si le 30 décembre dernier, le procureur de Paris a communiqué un rapport pointant des "manquements" de la part de la ville de Paris et d’une entreprise de travaux publics.

Malgré ces affirmations, Emmanuel Grégoire, premier adjoint à la Ville, préfère rester prudent : "Quand nous aurons connaissance du rapport provisoire, les services techniques l'étudieront et éventuellement répondront aux observations formulées. Mais il est encore beaucoup trop tôt pour tirer au clair les responsabilités. Ce sera à la justice et à elle seule de le faire." La Ville de Paris a demandé à être entendue par le juge avant même d'être convoquée, pour "aller vite et faire éclater la vérité".

Un an après l'explosion, la rue de Trévise à Paris est loin d'avoir tourné la page - Le reportage de Valentin Dunate
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