Evasion de Redoine Faïd : Christiane Taubira mise en cause par l'opposition

La ministre de la Justice réfute toute "faille" de l'administration pénitentiaire après l'évasion du braqueur de la maison d'arrêt de Sequedin, samedi. 

La ministre de la Justice, Christiane Taubira, le 13 avril 2013 devant la maison d\'arrêt de Sequedin (Nord). 
La ministre de la Justice, Christiane Taubira, le 13 avril 2013 devant la maison d'arrêt de Sequedin (Nord).  (PHILIPPE HUGUEN / AFP)

Le gouvernement est mis en cause par l'opposition, au lendemain de l'évasion de Redoine Faïd, depuis la maison d'arrêt de Sequedin (Nord). Le député UMP des Alpes-Maritimes Christian Estrosi a demandé des explications à la ministre de la Justice, Christiane Taubira, dimanche 14 avril, pour comprendre comment "un dangereux malfaiteur condamné à de lourdes peines (...) a pu se procurer des explosifs afin de s'échapper d'une maison d'arrêt pourtant récente et destinée à accueillir des prisonniers jugés dangereux".

L'opposition veut faire la lumière sur les fouilles

Il s'interroge également sur l'absence de fouilles générales dans l'établissement, "alors même qu'il y avait déjà eu des difficultés relayées à plusieurs reprises par les organisations syndicales". Une critique également adressée par le député UMP Eric Ciotti, sur Twitter.

Le secrétaire national de l'UMP chargé des prisons, Stéphane Jacquot, accuse Christiane Taubira de se désintéresser de ce dossier. Dans un communiqué publié samedi, il fait remarquer que "le directeur de l'administration pénitentiaire, son adjoint et son cabinet ne comportent aucun cadre pénitentiaire tout comme [le] cabinet [de la ministre]". Ce qui entraîne, selon lui, "la désorganisation et l'insécurité croissante des prisons".

Quant à la présidente du Front national, Marine Le Pen, elle a estimé que l'évasion de Redoine Faïd était la "conséquence directe du gaucho-laxisme" de la ministre de la Justice, lors d'une conférence de presse à Balma, près de Toulouse (Haute-Garonne). Elle accuse la garde des Sceaux, dont elle demande la démission "depuis longtemps", "d'être une femme dangereuse pour la République".

Christiane Taubira réfute toute "faille" des surveillants

Cédric Deprez, délégué régional FO-Pénitentiaire, ne comprend pas que l'opposition adresse ces reproches au gouvernement, puisque "la loi pénitentiaire qui met fin aux fouilles systématiques après les parloirs a été votée sous le précédent gouvernement". Selon un élu CFTC, la fouille au corps est automatique à Sequedin à la sortie des parloirs, mais les détenus "peuvent cacher des objets" quand ils sont regroupés dans la salle d'attente en sortant du box.

De son côté, Christiane Taubira réfute toute "faille" de la part des surveillants. En déplacement à la maison d'arrêt de Sequedin, samedi, elle a déclaré que "les prisons, ce sont des établissements où il faut encadrer des détenus qui, évidemment pour la plupart, passent l'essentiel de leur temps à essayer d'entrer en contact avec l'extérieur, de contourner les règlements, d'enfreindre les règles". En réponse à la polémique sur les fouilles, elle a ajouté "qu'il y a des contraintes, des conditions dans lesquelles on peut procéder à la surveillance et au contrôle de certaines pratiques"