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Etudiante japonaise disparue à Besançon : le mystère plane après un mois d'enquête

Pour les enquêteurs, Narumi Kurosaki a été assassinée. Son corps n'a toujours pas été retrouvé. Un mandat d'arrêt a été délivré contre son ancien petit ami chilien.

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France Télévisions
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Capture d'écran d'un reportage d'une télévision japonaise sur la disparition de Narumi Kurosaki, une étudiante nippone, à Besançon (Doubs), le 26 décembre 2016. (MAXPPP)

Que s'est-il passé dans la nuit du 4 au 5 décembre dans une résidence universitaire du campus de l'université de Besançon ? Seule certitude des enquêteurs : Narumi Kurosaki, une étudiante japonaise de 21 ans, a été tuée. Mais, près d'un mois après que sa disparition a été signalée, le corps de la jeune femme reste introuvable. Son ex-petit ami chilien est considéré comme le principal suspect, et un mandat d'arrêt a été émis à son encontre.

"Le suicide, la disparition volontaire sont clairement exclus par les éléments de l'enquête et par les témoignages. Les éléments de l'enquête sont suffisamment importants pour saisir le juge d'instruction du chef d'assassinat", a déclaré la procureure de Besançon, mardi 3 janvier, au cours d'une conférence de presse.

Un dernier dîner, "un grand cri" et "des traces rougeâtres"

Narumi Kurosaki est arrivée en France à la fin du mois d'août 2016 pour étudier le français à l'université de Besançon. Depuis la rentrée, elle suivait des cours de français au Centre de linguistique appliquée (CLA), dans le but d’intégrer la faculté de lettres. L'étudiante logeait dans une résidence universitaire sur le campus. "Elle a été vue vivante pour la dernière fois le 4 décembre entre 22 heures et 23 heures", a précisé la magistrate.

Le Parisien relate l'ultime soirée de la jeune femme. Ce dimanche soir, Narumi, qui est allée à sa séance de zumba dans l'après-midi, précise L'Est républicain, dîne avec son ex-petit ami dans un restaurant d'Ornans, à une trentaine de kilomètres de Besançon. Des témoins et des employés du restaurant les ont depuis reconnus. A la fin du dîner, les deux jeunes retournent au campus avec leur voiture de location. 

"Plusieurs étudiants logeant au même étage ont entendu un grand cri au cours de la nuit du 4 au 5 décembre. À partir de ce moment, aucune trace de Narumi n'a été trouvée, a précisé la procureure. Des traces rougeâtres ont été constatées sur le perron [de la résidence universitaire]. Des prélèvements sont en cours d'analyse pour dire s'il s'agit de sang et s'il y a un lien avec la jeune fille."

Un avis de recherche placardé à l'entrée d'une bâtiment sur le campus universitaire de Besançon (Doubs), après la disparition de Narumi Kurosaki, une étudiante japonaise. (MAXPPP)

Une fausse piste dans un bar-tabac de Verdun

Le 28 décembre, l'enquête est relancée. Le patron d'un bar-tabac-PMU de Verdun, à plus de 300 kilomètres au nord de Besançon, affirme à L'Est républicain avoir vue Narumi vivante, le 19 décembre. Quinze jours après sa disparition. "Je suis formel, je l'ai reconnue le lendemain sur la photo de l'avis de recherche publié dans le journal", assure le patron du Miribel à l'AFP.

La jeune femme qui s'est présentée ce jour-là dans son établissement "pleurait beaucoup, elle était très mal", raconte-t-il. Elle a payé ses consommations, 12 euros, avec une carte bancaire. Des éléments que le patron du bar tient à la disposition de la justice, précise-t-il.

Une employée du bar-tabac assure que, ce jour-là, une jeune femme correspondant au signalement de la jeune Japonaise a passé plus de deux heures, en pleurs, dans l'établissement.

Mais dès le lendemain, le 29 décembre, la piste est écartée. "La police judiciaire a identifié la jeune fille vue à Verdun. Ce n'est pas Narumi", tranche une source policière citée par l'AFP.

Le bar Le Miribel à Verdun (Meuse) en septembre 2016 sur Google Street View. (GOOGLE STREET VIEW)

Un ex-petit ami à la "personnalité inquiétante"

D'après la description de la procureure, Narumi Kurosaki était "une jeune fille pleine de vie et heureuse de sa relation avec son ami actuel". L'enquête, confiée à deux juges d'instruction, s'intéresse surtout à la "personnalité envahissante et inquiétante de l'ancien petit ami chilien [que la jeune femme avait] connu au Japon, a expliqué la magistrate. L'enquête a établi que celui-ci était en France et présent à Besançon au moment de la disparition." 

La liaison entre les deux jeunes adultes remontait "sans doute à leur passage commun à l'université de Tsukuba, près de Tokyo, entre 2014 et 2015", écrit Le Parisien. Mais leur relation "s'est achevée par une rupture", a assuré la procureure. D'après le journal, le jeune homme, âgé lui aussi d'une vingtaine d'années, étudiant en marketing et amateur de voyages, est venu rendre visite à son ex-petite amie sur le campus de Besançon, au début du mois de décembre.

"Narumi ne m'avait pas dit qu'il viendrait à Besançon. Je pense que la dernière fois qu'on s'est vus, elle-même ne savait pas qu'il viendrait", confie à L'Est républicain un autre étudiant de l'université de Tsukuba, arrivé en septembre à Besançon.

D'après Le Parisien, le jeune Chilien "serait rentré précipitamment dans son pays quelques jours après" la disparition de son ex-petite amie. Le quotidien croit savoir qu'"il serait passé par Genève, puis par Madrid" et qu'il aurait par précaution "nettoyé son ordinateur avec un logiciel spécialisé". Il est désormais recherché par Interpol.

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