Espionnage de journalistes: Claude Guéant porte plainte contre Médiapart

Le secrétaire général de l'Elysée annonce qu'il va déposer plainte contre Médiapart pour "diffamation par voie de citation directe", après les accusations d'espionnage journalistique dont il fait l'objet de la part du site d'information. Bernard Squarcini, le patron, de la direction centrale du renseignement va lui porter plainte contre le Canard Enchainé.

(Radio France © France Info)

A l'origine de cette nouvelle affaire, un article publié ce mercredi par le Canard Enchainé qui accusait Nicolas Sarkozy de superviser “personnellement” l'espionnage de certains journalistes
chargés de la couverture d'affaires sensibles, une allégation qualifiée de
“totalement farfelue” par l'Elysée.

Selon l'hebdomadaire qui citait des sources anonymes au sein de la DCRI, “un
groupe” a même été monté à cette fin, composé de “plusieurs anciens policiers
des RG” qui “se procurent les factures détaillées du poste fixe et du portable
du journaliste à espionner”.

Jeudi, Médiapart est allé plus loin en citant Claude Guéant comme étant chargé des opérations de surveillance de certains journalistes qui enquêtent sur l'affaire Bettencourt, dans laquelle le nom du ministre du Travail, Eric Woerth, est cité.

Mediapart dit avoir des sources, qu'il ne nomme pas, qui
affirment que les services de renseignement ont eu accès au
relevé détaillé de communications téléphoniques des reporters.
Il a été évoqué aussi une localisation des trajets des
journalistes au moyen de leur téléphone portable.

Edwy Plenel, directeur de Mediapart, écrit sur le site: “On
nous affirme que cette inquisition d'Etat est impulsée et
coordonnée par le secrétaire général de l'Elysée lui-même,
Claude Guéant”. Il demande une enquête parlementaire.

Invitée de France Info vendredi, Michèle Alliot-Marie avait parlé de "fantasmes".

Plainte contre le Canard Enchainé

Dans le même temps, Bernard Squarcini, le patron de la DCRI, la direction centrale du renseignement - va porter plainte la semaine prochaine contre le Canard Enchainé, là encore pour diffamation. L'hebdomadaire satirique avait affirmé qu'une cellule au sein de la DCRI est en charge d'espionner les journalistes.

Le directeur du Canard enchaîné, Claude Angeli, a lui aussi maintenu dans plusieurs médias ses
accusations, assurant qu'il ne les avait pas avancées à la
légère.