Fugues, enlèvements... Quatre graphiques pour comprendre les disparitions d'enfants et d'adolescents

A l'occasion de la Journée internationale des enfants disparus, organisée lundi 25 mai, francetv info détaille le nombre et le type de disparitions constatées chaque année en France.

En 2014, 1 077 disparitions inquiétantes de mineurs ont été enregistrées en France.
En 2014, 1 077 disparitions inquiétantes de mineurs ont été enregistrées en France. (TINA MARIE PHOTOGRAPHY / FLICKR RF / GETTY IMAGES)

Ils ont 5, 8, 12 ou 16 ans... Parfois, ce sont des nourrissons. Ils sont introuvables pendant quelques heures, des mois, voire des années. Environ 50 000 mineurs disparaissent chaque année en France, selon des chiffres issus du Fichier des personnes recherchées (FPR) du ministère de l'Intérieur. Ces données sont rassemblées par le Centre français de protection de l'enfance-Enfants disparus (CFPE-Enfants disparus), qui gère le 116 000, numéro d'urgence gratuit, mis en place pour écouter et soutenir les familles d'enfants disparus.

Francetv info vous propose plusieurs graphiques pour comprendre ces disparitions de mineurs en France, à l'occasion de la Journée internationale des enfants disparus, organisée lundi 25 mai.

Note : Les données utilisées dans les graphiques donnent des tendances. Ce sont des indicateurs généraux et il s'agit de personnes enregistrées dans un fichier pendant une année. 

1En majorité, des fugues de mineurs de plus de 15 ans

Le constat. Dans le Fichier des personnes recherchées, la plupart des disparitions de mineurs sont enregistrées comme des fugues. Viennent ensuite les enlèvements et les détournements, puis deux autres types de disparitions inquiétantes (actes criminels ou comportements suicidaires).

Parmi les mineurs déclarés en fugue, les deux tiers ont plus de 15 ans, et on compte quasiment autant de filles que de garçons.

     

Comment interpréter ces chiffres ? Dans les faits, la grande majorité des disparitions concerne des fugues. Mais leur proportion élevée s'explique aussi par la difficulté de qualifier une disparition d'"inquiétante". Pour cela, les enquêteurs doivent disposer d'informations qui laissent penser que ce n'est pas une simple fugue. "Par exemple, quand le jeune est dépressif et que partir sans donner de nouvelles n'est pas dans ses habitudes", commente Anne Larcher, directrice du CFPE-Enfants disparus, contactée par francetv info. Parfois, une fugue peut être requalifiée en disparition préoccupante l'année suivante.

2Les disparitions inquiétantes en hausse

Le constat. Elles regroupent principalement les enlèvements ou détournements de mineurs, les disparitions de jeunes susceptibles d'être victimes d'un crime et les disparitions de ceux qui sont "malades ou suicidaires". Dans chacune de ces situations, la disparition est qualifiée d'inquiétante, car le mineur est potentiellement en danger. Pour être considéré comme "malade ou suicidaire", il faut des éléments prouvant qu'il est en danger pour des raisons de santé, s'il suit un traitement médical par exemple.

"Si les enquêteurs qualifient une disparition d'inquiétante, ils peuvent disposer de moyens importants pour retrouver le mineur disparu", explique Anne Larcher. L'ensemble de ces disparitions inquiétantes est en hausse, comme le montrent les chiffres ci-dessous.

Comment interpréter ces chiffres ? Pour bien comprendre cette augmentation, constatée depuis 2011, il faut aussi prendre en compte deux facteurs. D'une part, les chiffres disponibles offrent peu de recul : ils portent sur les quatre dernières années. D'autre part, il se peut que les enquêteurs répertorient davantage les disparitions sous ce qualificatif, ce qui n'était peut-être pas le cas il y a quelques années. "Les policiers sont de plus en plus sensibilisés. Il y a une vigilance accrue autour des signes considérés comme inquiétants", souligne Anne Larcher.

3Le nombre d'enlèvements et de détournements difficile à analyser

Le constat. Pour qu'une disparition inquiétante entre dans cette sous-catégorie, il faut que le mineur ait été soustrait des mains de celui ou de celle qui exerce l'autorité parentale, avec violence (enlèvement) ou sans violence (détournement). En clair, l'intervention avérée d'un tiers est le critère majeur. C'est important pour les enquêteurs, car, dans ce cas, deux individus sont recherchés : le mineur et la personne soupçonnée d'enlèvement ou de détournement.

Comment interpréter ces chiffres ? Dans cette sous-catégorie, on trouve des situations très différentes. Il y a notamment les enfants qui ont été enlevés par un des deux parents, si ce dernier n'en a plus la garde et qu'il est introuvable. Les enfants enlevés par un inconnu dans la rue peuvent aussi y être classés, mais ce n'est pas systématique : ils peuvent apparaître dans d'autres catégories. Difficile, dans ce cas, de savoir quelle réalité se cache derrière le nombre d'enlèvements, et d'analyser son évolution. On peut simplement noter que ce chiffre évolue peu.

4L'ensemble des enfants disparus retrouvés après le déclenchement d'une alerte enlèvement

Le constat. Depuis son lancement en février 2006, le dispositif "alerte enlèvement" a été mis en œuvre à 14 reprises pour 17 enfants. Quatre critères sont requis pour l'activer : un enlèvement avéré, une victime mineure, son intégrité physique en danger et des informations permettant la localisation de l'enfant ou du ravisseur.

Comment interpréter ces chiffres ? A chaque fois, le dispositif a été couronné de succès et les personnes disparues retrouvées vivantes. Mais, dans la plupart des cas, l'alerte enlèvement n'est pas déclenchée. Difficile, alors, de savoir combien d'enfants disparus ont effectivement été retrouvés, et au bout de combien de temps.

La police et la gendarmerie enregistrent les sorties du fichier des personnes recherchées, mais celles-ci ne concernent pas forcément des mineurs retrouvés. En effet, des disparus peuvent être effacés de ces documents parce qu'ils ont, par exemple, atteint leur majorité. Néanmoins, on peut noter qu'en 2014, 5 438 mineurs sont sortis du FPR après y avoir été inscrits pendant une journée, 1 354 après deux jours et 6 461 après plus d'un mois. Par ailleurs, selon l'Office central pour la répression des violences aux personnes, chaque année, en moyenne, un tiers des fugueurs est retrouvé dans les quarante-huit heures.