Disparus de l'Isère : la justice rouvre trois dossiers

La justice grenobloise a relancé l'instruction de trois dossiers jusqu'alors considérés comme prescrits dans l'affaire des "disparus de l'Isère". Il s'agit d'assassinats non élucidés ou de disparitions de neuf enfants de 6 à 13 ans, dans la région iséroise entre 1983 et 1996.

(Radio France © France Info)

Sur neuf disparitions ou assassinats d'enfants de 6 à 13 ans entre 1983 et 1996 dans la région iséroises, sept font donc désormais l'objet d'une instruction. Les trois autres sont considérées comme prescrites. Une cellule d'enquête inédite a été crée à la gendarmerie, la cellule “Mineurs 38” pour cette affaire, dite des “disparus de l'Isère”.

Ce sont les familles des enfants victimes qui sont à l'origine de cette remise d'une partie de l'affaire sur les rails judiciaires. Elles demandaient la désignation d'un juge d'instruction pour l'ensemble des dossiers, refusant la prescription de certains.
_ Les parquets de Grenoble et de Bourgoin-Jallieu (Isère) ont donné suite à leur requête pour trois des cinq dossiers conclus par un non-lieu et jusqu'alors considérés prescrits, en ouvrant des informations judiciaires.

Pour contourner la prescription, la justice a considéré que Charazed
Bendouiou, disparue à l'âge de 10 ans en juillet 1987, ainsi que Ludovic
Janvier, disparu en mars 1983 à l'âge de six ans, “font l'objet d'une
séquestration illégale”, leur mort n'ayant pu être constatée.
_ La voie est ainsi ouverte pour le dépôt d'une plainte contre X.

Concernant le dossier de Grégory Dubrulle, laissé pour mort le crâne
fracassé en juillet 1983 et dont l'agresseur n'a jamais été retrouvé, la justice a retrouvé un document datant du 9 février 2001 adressé par un juge à la section de recherches de Grenoble au sujet de l'enquête.
_ Deux juges devraient être saisis conjointement de ces trois dossiers.

Enfin le parquet n'a pas pris de décision concernant les décès d'Anissa
Ouadi, 5 ans, en juin 1985, et le meurtre de Nathalie Boyer, 15 ans, en août 1988, invitant les avocats des proches de victimes à transmettre “d'éventuelles nouvelles pistes de travail”.

Les familles des victimes se déclarent partiellement satisfaites ce soir. Leurs avocats vont pouvoir lancer des procédures et avoir accès aux dossiers des cas jusqu'ici prescrits. Mais elles souhaitent aller plus loin, et rouvrir les trois derniers qui restent dans les tiroirs de la Justice.