Procès Jacques Rançon : "Ce verdict, nous l'attendions depuis 20 ans", se félicite l'avocat des parties civiles

Après que Jacques Rançon, le "tueur de la gare de Perpignan" a été condamné à la réclusion criminelle à perpétuité, Me Etienne Nicolau, avocat des parties civiles a estimé lundi sur franceinfo que "ce verdict était sans surprise".

Me Etienne Nicolau (à gauche) discute avec une des victimes de Jacques Rançon pendant le procès du \"tueur de la gare de Perpignan\", à Perpignan (Pyrénées-Orientales), le 26 mars 2018.
Me Etienne Nicolau (à gauche) discute avec une des victimes de Jacques Rançon pendant le procès du "tueur de la gare de Perpignan", à Perpignan (Pyrénées-Orientales), le 26 mars 2018. (RAYMOND ROIG / AFP)

Jacques Rançon, "le tueur de la gare de Perpignan", a été condamné lundi 26 mars à la réclusion criminelle à perpétuité assortie d'une période de sûreté de 22 ans"Ce verdict, nous l'attendions depuis 20 ans", a réagi sur franceinfo, l'avocat des parties civiles, Me Etienne Nicolau. "Il sonne comme la fin d'une époque pendant laquelle on était encore dans l'incertitude". Jacques Rançon a été reconnu coupable du viol et du meurtre de deux jeunes femmes, Moktaria Chaïb et Marie-Hélène Gonzalez, ainsi que d'une tentative de meurtre et d'une tentative de viol. Ces crimes ont été commis entre 1997 et 1998.

franceinfo : Êtes-vous satisfait de ce verdict ?

Etienne Nicolau : Ce verdict, nous l'attendions depuis 20 ans. Voilà 20 ans que les premiers crimes ont été commis, que les familles étaient venues me voir, et que nous avons incité la police et la justice à rechercher sans relâche celui qui avait tué Marie-Hélène Gonzalez et Moktaria Chaïb. Aujourd'hui le verdict sonne comme la fin d'une époque, l'époque pendant laquelle on était encore dans l'incertitude. Ça a été une époque très dure pour les familles. Le procès a été aussi très éprouvant, parce que les familles ont entendu, de la voix de Rançon même, les sévices dont ces jeunes femmes ont été victimes. L'horreur s'était emparée du palais de Justice de Perpignan, aujourd'hui le verdict est sans surprise. C'est aussi le verdict qui vient couronner de succès des recherches qui paraissaient être au point mort, qui ont été relancées par la découverte d'une trace ADN sur une chaussure d'une des victimes. C'est une trace infime qui a permis de remonter jusqu'à Jacques Rançon.

Ce procès va-t-il permettre aux familles de faire leur deuil ?

Je ne sais pas si ce procès a été un baume pour les familles. Elles ont souffert pendant trois semaines. Il faut espérer qu'après ce verdict, et après la fin de ce procès, elles pourront entamer un processus de deuil, mais ça a été très éprouvant et très difficile.

Le pardon exprimé par Jacques Rançon pendant le procès peut-il être entendu par les familles ?

Non, je pense que le pardon que peut exprimer un accusé face à des familles de victimes qui ont souffert dans leur corps et dans leur chair – parce qu'il y avait aussi des rescapées qui étaient là –, des regrets exprimés à voix faible, dans un souffle, par l'accusé ne peuvent pas être audibles par les familles des victimes et les victimes elles-mêmes.