Disparues de la gare de Perpignan : Jacques Rançon avoue un deuxième meurtre

Après le meurtre de Mokhtaria Chaïb, le principal suspect a avoué celui de Marie-Hélène Gonzalez.

Jacques Rançon, principal suspect dans l\'affaire des disparues de la gare de Perpignan, a été confondu par son ADN en octobre 2014.
Jacques Rançon, principal suspect dans l'affaire des disparues de la gare de Perpignan, a été confondu par son ADN en octobre 2014. (PHILIPPE ROUAH / MAXPPP)

Les crimes restaient non élucidés depuis 1997. D'après La Montagne et RTL, mardi 9 juin, Jacques Rançon a avoué le meurtre de Marie-Hélène Gonzalez, dans l'affaire des disparues de la gare de Perpignan. En octobre 2014, cet homme de 54 ans avait reconnu être l'auteur de celui de Mokhtaria Chaïb, pour lequel il avait été confondu par son ADN, dix-sept ans après les faits. Il avait alors été mis en examen pour "viol avec armes en récidive et assassinat".

De quand datent les faits ?

Le 26 juin 1998, le corps de Marie-Hélène Gonzales, 22 ans, est découvert nu, décapité et amputé de ses mains et de ses parties génitales. Elle avait disparu près de la gare de Perpignan, tout comme Mokhtaria Chaïb un an plus tôt. Le corps de cette étudiante en sociologie avait été retrouvé nu, poignardé à de multiples reprises, les seins et l'appareil génital découpés.

Cette barbarie avait alors plongé la cité catalane dans l'émoi et la précision quasi chirurgicale de la mutilation avait fait penser à l'oeuvre d'un médecin ou d'un boucher. Une troisième jeune fille, lycéenne de 17 ans, avait également disparu dans le quartier de la gare en septembre 1995, et n'a jamais été retrouvée.

A nouveau placé en garde à vue lundi 8 juin, le suspect a finalement avoué le meurtre de Marie-Hélène Gonzalez. La semaine dernière, il avait aussi reconnu être l'agresseur d'une jeune femme en mai 1998, toujours dans le quartier de la gare. Mais celle-ci avait échappé à la mort in extremis, manquant de peu d'être égorgée, grâce à l'intervention d'une voisine.

 Qui est le meurtrier présumé ?

Qualifié de "prédateur sexuel"par la partie civile, ce cariste-magasinier de 54 ans, originaire de la Somme, est le père de deux enfants. Il les a eus avec la femme qui a partagé sa vie pendant sept ans, avant qu'elle le fasse condamner à un an de prison en 2013 pour menaces de mort. "Quand je me suis séparée, il a voulu me planter avec un couteau", a-t-elle raconté à la presse lors de l'arrestation de Rançon en octobre 2014. "Il s'en allait la nuit. Il me disait qu'il faisait le tour du côté de la gare."

Déjà condamné à huit ans de prison à Amiens en 1994 pour viol, le chômeur vivait dans un foyer de travailleurs d'un quartier populaire de Perpignan. Son profil Facebook montre des photos de lui en père de famille bedonnant et souriant, ses enfants sur ses genoux.

Comment cette affaire a-t-elle été résolue ?

Dix-sept ans après les faits, au terme d'une enquête chaotique, qui est allée de rebondissements en fausses pistes, Jacques Rançon a été confondu par son ADN grâce aux progrès de la science. Du matériel généritique lui appartenant a ainsi été retrouvé sur une chaussure de Mokhtaria Chaïb, entrainant sa garde à vue à l'automne 2014. Il avait alors avoué le viol et le meurtre de celle-ci, avant de se rétracter en mars dernier affirmant que sa confession avait été obtenue sous la pression des enquêteurs.

Plusieurs personnes avaient été soupçonnées d'être le "tueur de la gare" au cours de l'enquête. En janvier 1998, Andres Palomino Barrios avait ainsi été arrêté. Surnommé "le faux chirurgien péruvien", il avait pratiqué la médecine sans diplôme dans 18 hôpitaux. Après six mois d'incarcération, il a été innocenté puisque Marie-Hélène Gonzales est tuée pendant qu'il est derrière les barreaux, de façon similaire à Mokhtaria Chaïb.

Suivant toujours la piste du tueur en série, les enquêteurs pensent avoir trouvé le coupable quand est interpellé à Lyon, le 25 mai 2000, l'Espagnol Esteban Reig pour le meurtre d'un homme égorgé, décapité et amputé des parties génitales qui ont été suspendues au-dessus de son frigo. L'Espagnol se trouvait à Perpignan en 1997 mais il n'avouera jamais le meurtre d'une "disparue" et se suicidera en prison en 2002.