Hommages à Steve Maia Caniço : la députée Valérie Oppelt appelle à "respecter le deuil" et "ne pas partir sur des manifestations violentes"

L'élue de Loire-Atlantique est revenue sur les hommages prévus pour Steve dans plusieurs villes de France, dont Nantes, alors que le préfet a interdit tout rassemblement dans une partie du centre-ville.

Valerie Oppelt dans la salle des quatre colonnes, à l\'Assemblée nationale à Paris, le 21 novembre 2018.
Valerie Oppelt dans la salle des quatre colonnes, à l'Assemblée nationale à Paris, le 21 novembre 2018. (CHRISTOPHE MORIN / MAXPPP)

"Je pense qu'il faut respecter la demande et le souhait de la famille du respect du deuil", a soutenu samedi 3 août sur franceinfo Valérie Oppelt, députée La République en marche (LREM) de la 2e circonscription de Loire-Atlantique. Nantes est l'épicentre de la mobilisation à la mémoire de Steve Maia Caniço, dont le corps a été repêché lundi dans la Loire, plus d'un mois après sa disparition le soir de la Fête de la musique. Deux hommages sont prévus dans la ville samedi, mais le préfet a interdit tout rassemblement dans une grande partie du centre-ville. "Ne pas partir sur des manifestations de violences qui ne pourront pas faire avancer les enquêtes plus rapidement", souhaite Valérie Oppelt.

franceinfo : Approuvez-vous la décision du préfet d'interdire une partie du centre-ville aux manifestants ?

Valérie Oppelt : En effet, je pense qu'il faut respecter la demande et le souhait de la famille du respect du deuil, du recueillement. Cette famille a été très claire, les amis aussi. Ils ne participeront pas à ces manifestations. Après, sur la partie manifestation, il s'agit uniquement du cœur de ville qui a beaucoup souffert de la période des "gilets jaunes". Je pense à des rues où certains magasins ont dû fermer. Je pense qu'il s'agit aussi de protéger ce centre-ville à la suite à des informations de violences qui ne résoudront rien.

Vous appelez à ne pas manifester ?

Non. Mais chacun est libre de manifester ou pas. Il y a un moment de recueil qui est prévu ce matin. Ce n'est pas une manifestation. C'est différent. On manifeste contre quelque chose, on a un droit de manifester. Donc moi en tant que députée, je n'ai pas à interdire la manifestation et à dire de ne pas y aller. Par contre, ne pas partir sur des manifestations de violences qui ne pourront pas faire avancer les enquêtes plus rapidement et ne permettront pas de trouver la vérité sur la mort de ce jeune homme.

Une commission d'enquête parlementaire est-elle nécessaire selon vous ?

Je crains que là aussi, il n'y ait des récupérations politiques. À mon sens, une commission d'enquête, si vous regardez précisément le règlement de l'Assemblée nationale, a du sens seulement si elle est réalisée en dehors des enquêtes judiciaires et ça n'est pas le cas. Une commission d'enquête qui serait lancée maintenant ne serait, à mon sens, pas très utile puisque nous ne pourrions pas poser les bonnes questions. Donc je pense que c'est plus une façon de récupérer le sujet plutôt qu'une façon d'avancer.

Les juges nantais ont demandé à être dessaisis pour apaiser le dossier, qu'en pensez-vous ?

Je pense que c'est une bonne décision, puisqu'il s'agit d'un dossier qui suscite beaucoup d'émotion à Nantes. On le sent chez tous les Nantais, toutes les Nantaises. Que des juges qui sont sur d'autres sites puissent être saisis me semble intéressant. Cela permettra de prendre de la hauteur par rapport aux conclusions futures de l'enquête.