Cet article date de plus de deux ans.

La marche blanche en mémoire de Maëlys est un "acte de résistance face à l'horreur" estime la psychanalyste Claude Halmos

D'après la psychanalyste Claude Halmos, ces marches blanches permettent aux proches des victimes "de se sentir un peu moins seuls et moins impuissants". 

Article rédigé par
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 1 min.
Des roses blanches, déposées lors des funérailles de Maëlys, le 2 juin 2018 à La Tour-du-Pin (Isère).  (NICOLAS LIPONNE / NURPHOTO)

"Ces marches sont véritablement des actes de résistance (...) c'est un point d'appui pour ne pas sombrer et pour dire une colère, qui est plus que légitime", a estimé ce lundi sur franceinfo la psychanalyste Claude Halmos, alors que 250 personnes se sont rassemblées pour une marche blanche lundi 27 août à Pont-de-Beauvoisin (Isère), un an après la disparition de la petite Maëlys lors d'une fête de mariage.

La psychanalyste explique que ce type d'initiative permet "à des hommes et des femmes qui sont confrontés à une horreur véritablement inhumaine de faire corps ensemble face à cette horreur, et de ce fait de se sentir un peu moins seuls et un peu moins impuissants"

Ces marches permettent de se dresser symboliquement face à l'horreur

Claude Halmos, psychanalyste

à franceinfo

C'est aussi une façon de signifier aux familles des victimes "que ce qu'elles vivent ne sera pas oublié, que leur enfant assassiné n'est plus là mais qu'il compte, qu'il continuera à compter, et que ce qui lui est arrivé est ineffaçable". Les gens sont "absolument bouleversés" par la mort d'un enfant, "même si c'est très loin de chez eux", souligne-t-elle.

Le blanc pour rendre à l'enfant sa dignité 

Claude Halmos insiste sur le symbole du blanc, qui "a plus de sens encore qu'on ne croit". "Quand des enfants sont torturés, violés, assassinés par des pervers, comme dans l'affaire Dutroux par exemple, la jouissance du pervers ce n'est pas seulement de les torturer, de les violer, de les tuer. Sa jouissance, au-delà de ses actes, c'est de transformer ces enfants, ou ces femmes, ces hommes, en objets avilis, en choses sans valeur, de les salir. Et il y a dans la couleur blanche l'idée de purification, de restaurer la personne", développe Claude Halmos.

On efface cette salissure et on restaure l'enfant dans sa dignité 

Claude Halmos

à franceinfo

"Au-delà de l'enfant, on restaure le monde, parce que c'est aussi une façon de dire, l'horreur existe mais le monde n'a pas seulement la couleur de l'horreur", poursuit-elle.

Commentaires

Connectez-vous à votre compte franceinfo pour participer à la conversation.