Affaire Fiona : la personnalité de Cécile Bourgeon, la mère, au centre du procès en appel

Cécile Bourgeon, la mère de Fiona, et Berkane Maklouf, son beau-père, reviennent lundi 9 octobre devant la cour d'assises de la Haute-Loire pour un second procès. Il devrait se focaliser sur la personnalité de la mère de la fillette, dont le corps n'a jamais été retrouvé.

Cécile Bourgeon à son arrivée à la cour d’assises de Riom le 5 septembre 2016.
Cécile Bourgeon à son arrivée à la cour d’assises de Riom le 5 septembre 2016. (THIERRY ZOCCOLAN / AFP)

Un nouveau procès doit s'ouvrir lundi 9 octobre dans l'affaire Fiona : le procès de Berkane Makhlouf et Cécile Bourgeon devant la cour d'assises de Haute-Loire débute un an après la condamnation contestée par le parquet de la mère et du beau-père de Fiona, cinq ans, dont on n'a jamais retrouvé le corps. En novembre 2016, Berkane Makhlouf avait écopé de 20 ans de réclusion pour violences volontaires ayant entraîné la mort, tandis que Cécile Bourgeaon était acquittée des faits criminels mais condamnée à cinq ans de prison, notamment pour dissimulation de cadavre. Cet été, Cécile Bourgeon a fait une tentative de suicide en prison : ce second procès se focalisera sur elle.

Une femme qui déclenche la haine

Cécile Bourgeon est une femme qui déclenche la haine. L'année dernière, après le verdict, une petite foule s'était massée devant le palais de justice de Riom (Puy-de-Dôme), pour hurler des insultes en direction du fourgon qui ramenait Cécile Bourgeon en prison. La cour d'assises avait pourtant motivé sa décision : "un seul élément à charge" pesait sur Cécile Bourgeon, "la parole tardive et variable de son compagnon" l'accusant de violences sur Fiona. Insuffisant, pour la cour, qui ne l'avait condamnée que pour des délits, notamment pour avoir caché le corps de sa fille.

Cette peine, le père de Fiona, Nicolas Chafoulais, ne la comprend toujours pas. "Cinq ans, ce n’est pas assez. Lui en prend vingt avec quinze de sûreté. J’estime que les deux méritaient la même peine", confie-t-il à franceinfo.

Tantôt agressive, tantôt apathique

Les jurés avaient retenu la thèse de coups portés par le seul beau-père, Berkane Makhlouf, un homme au passé violent. Plus complexe, la personnalité de Cécile Bourgeon, tour à tour apathique et agressive, sera de nouveau au coeur du procès. "La France entière a pris fait et cause pour elle quand elle a dénoncé l’enlèvement de sa fille, défend son avocat, Gilles-Jean Portejoie. Que la France entière se sente aujourd’hui un peu trahie, je le comprends parfaitement. Mais ce n’est pas parce qu’on a menti qu’on est l’auteur de coups qui ont entraîné la mort de son enfant."

Le premier procès avait échoué à lever le mystère sur la mort de Fiona. À défaut de révélations, les parties espèrent que cette nouvelle audience se tiendra dans un climat plus serein.