Cet article date de plus de trois ans.

"Comment a-t-il pu faire tout ce cirque" : les habitants de Gray abasourdis après les aveux de Jonathann Daval, le mari d’Alexia

Jonathann Daval a avoué mardi avoir tué sa femme Alexia Daval, morte au mois d'octobre. Le mari de la joggeuse a fait ses aveux au cours de sa garde à vue. A Gray, où la jeune femme a grandi et où ses parents travaillent toujours, c'est la consternation. 

Article rédigé par
Edité par Cécile Mimaut - Benjamin Illy
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 2 min.
Jonathann Daval, ci-contre le 2 novembre 2017, a été mis en examen mardi 31 janvier 2018 pour "meurtre sur conjoint". (SEBASTIEN BOZON / AFP)

Jonathann Daval a avoué mardi 30 janvier le meurtre de sa femme, Alexia, retrouvée morte fin octobre dans un bois de Haute-Saône, à quelques kilomètres de leur domicile de Gray-la-Ville. Selon ses avocats il a déclaré qu'il s'agissait d'un accident et a exprimé des regrets. C’est la fin de trois mois de mensonges et le choc à Gray, petite ville de 5 500 habitants, où Alexia a grandi, travaillé, tout comme ses parents. Franceinfo était à Gray mardi soir, juste au moment où cette commune a pris connaissance de ce terrible dénouement.

>> DIRECT. Meurtre d'Alexia Daval 

A Gray, le reportage de Benjamin Illy
écouter

Un mur de journalistes se dresse devant le bar-PMU La Terrasse, celui des parents d’Alexia. Les gendarmes dégagent le passage. Le rideau est baissé. La nouvelle vient de tomber, Jonathann Daval a avoué. Jean-Pierre Fouillot, le père d’Alexia, sort du bar, escorté, muet, visiblement bouleversé, excédé aussi par les micros et les caméras braqués sur lui. Il s’engouffre dans une voiture avec les gendarmes et laisse derrière lui cette ville et ses habitants sidérés.

Comment peut-il y avoir des gens comme ça, des monstres pareils ? On a beau avoir de l’âge, on ne s’y fera jamais.

Michel, 70 ans, habitant de Gray

à franceinfo

Michel a 70 ans, il est propriétaire d’une brasserie juste en face du bar des parents d’Alexia. La nouvelle provoque chez lui une vive émotion et  "énormément" de colère, dit-il, contre Jonathann Daval. "Comment a-t-il pu faire tout ce cirque. Maintenant on peut dire que c’est un cirque. La marche (blanche), se prendre pour une victime… Pour moi, ce n’est pas un homme, c’est un monstre. Étrangler quelqu’un et puis après transporter le corps…" Michel est consterné. "Pour moi c’est un monstre", répète le septuagénaire, qui ne trouve "aucune excuse" au mari d’Alexia et qui plaint la famille de la jeune femme qui a soutenu Jonathann Daval jusqu’à maintenant. "Soutenir pendant trois mois le meurtrier de son propre enfant, non, c’est le pire qu’il pouvait arriver", s’émeut encore Michel. Une émotion sincère et partagée dans les rues de Gray. "C’est moche pour les parents. On lui (Jonathann Daval) aurait donné le bon Dieu sans confession. Maintenant que la vérité a éclaté, qu’Alexia repose en paix", réagi une habitante.

Je suis choquée, effondrée.

une habitante de Gray

à franceinfo

Un peu plus loin, un autre habitant de Gray, qui a participé à la marche blanche pour Alexia, peine à se contenir : "Je dis que c’est dégueulasse, il faut qu’ils le condamnent sérieusement !". A la colère et à la tristesse se mêle un sentiment de trahison, comme l’explique cette femme rencontrée dans la rue.  "Vraiment, ils (les parents d’Alexia) ont été trahis, dit-elle.

Quand on le voyait (Jonathann Daval), on se disait que c’était pas possible, que c’était un mari super, qui devait être attentionné.

une habitante de Gray

à franceinfo

"On le voyait pleurer et on se disait : ‘pauvre homme quoi, il vient de perdre sa femme…’ Il disait que c’était son oxygène…"   Tous ces mensonges, les larmes de Jonathann Daval en public et aujourd’hui ces habitants qui tombent de haut. Dans cette petite ville de Gray, le choc est collectif et se résume en un mot : "abasourdi".    

Commentaires

Connectez-vous à votre compte franceinfo pour participer à la conversation.