Disparition d'Emiliano Sala : les principales questions en suspens après l'arrêt des recherches

La police de Guernesey a cessé de patrouiller pour retrouver l'avion Piper Malibu disparu lundi soir. C'est la fin des espoirs pour ses proches et les supporters, mais aussi le temps des interrogations et de l'enquête.

Un portrait d\'Emiliano Sala est affiché devant la Jonelière, le centre d\'entraînement du FC Nantes, le 23 janvier 2019 à La Chapelle-sur-Erdre (Loire-Atlantique).
Un portrait d'Emiliano Sala est affiché devant la Jonelière, le centre d'entraînement du FC Nantes, le 23 janvier 2019 à La Chapelle-sur-Erdre (Loire-Atlantique). (LOIC VENANCE / AFP)

La police de Guernesey a annoncé la fin des recherches actives pour retrouver Emiliano Sala et le pilote de l'avion portés disparus depuis lundi soir. "Le dernier appareil cherchant l'avion et ses occupants a désormais atterri, ont détaillé les autorités, jeudi 24 janvier. Même si nous ne mènerons plus de recherches actives, l'incident reste ouvert, et nous demanderons à tous les navires et avions dans la zone de rester à l'affût de toute trace de l'appareil."

Ce triste épilogue laisse de nombreuses questions en suspens, alors que l'enquête sur la disparition du monomoteur ne fait que débuter. 

Qui était aux commandes de l'avion ?

Seules deux personnes étaient à bord de l'appareil : Emiliano Sala et le pilote. Après des révélations du site Grimsby Live (en anglais), les autorités britanniques ont confirmé que ce dernier était David Andrew Ibbotson. Ce père de famille âgé de 60 ans travaillait comme ingénieur gazier et pilotait des avions pour plusieurs clubs de parachutisme. Samedi après-midi, il avait signalé sa présence dans un hôtel voisin de l'aéroport de Nantes, sur Facebook, et ajouté un commentaire dans lequel il se disait un peu "rouillé" avec les instruments d'atterrissage. La presse galloise a tenté d'obtenir des informations au domicile du pilote. Une femme "visiblement bouleversée" n'a pas souhaité livrer de commentaire, précise Wales Online (en anglais).

Une interrogation demeure au sujet de David Andrew Ibbotson, car il n'était pas enregistré sur le registre de vol déposé à l'aéroport de Nantes, selon 20 Minutes. Le document fait apparaître le nom de Dave Henderson, un pilote très expérimenté. Certains médias, comme L'Equipe, assurent que ce dernier a bien été contrôlé à 19h40 par la police aux frontières de l'aéroport de Nantes, mais ce point a été démenti depuis par ses proches.

Quelle était la zone de recherche ?

Les recherches ont commencé dans la nuit de lundi à mardi. Mardi, des avions et des bateaux avaient quadrillé une zone de 2 600 km2 et identifié des objets flottants, sans pouvoir déterminer s'ils venaient du monomoteur Piper Malibu. Des fans inquiets avaient partagé des images de la petite île de Burhou, car certains pensaient avoir aperçu des fusées de détresse. Mais depuis la disparition de l'avion, les secouristes ont bien effectué des recherches dans ce secteur, avec un avion et des hélicoptères, et la police a fouillé l'île à pied jeudi matin, précise Wales Online (en anglais). En vain. Les secouristes ont également quadrillé d'autres îles, comme Sark et Aurigny, et un groupe de rochers plus au nord, les Casquets, ainsi que le littoral nord du Cotentin.

L\'avion d\'Emiliano Sala a disparu des radars au nord de l\'île de Guernesey. 
L'avion d'Emiliano Sala a disparu des radars au nord de l'île de Guernesey.  (GOOGLE MAPS)

Que sait-on de l'enquête ?

Le joueur a embarqué lundi vers 19h40, à l'aéroport de Nantes, dans le monomoteur Piper Malibu PA-46-310P. Le contact a été perdu au-dessus de l'île de Guernesey vers 21 heures, alors que le pilote de l'avion venait de demander l'autorisation de descendre de son altitude de croisière, à 5 000 pieds (1 525 mètres). Sur les derniers relevés, le monomoteur volait à une altitude de 2 300 pieds (700 m).

Le joueur ne semblait guère rassuré par l'état de l'appareil. Dans un message vocal transmis à des amis, il laissait apparaître ses craintes : "Je suis dans l'avion, on dirait qu'il va tomber en morceaux." Un peu plus tard, les doutes étaient encore plus marqués. "Si dans une heure et demie vous n'avez plus de nouvelles de moi, je ne sais pas si on va envoyer des gens pour me rechercher, parce qu'on ne va pas me trouver."

Pour l'heure, aucun élément de l'enquête me permet de confirmer ou d'infirmer la vétusté de l'appareil. Les investigations sont confiées à l'Air Accidents Investigation Branch (AAIB), l'organisme britannique chargé des enquêtes sur les accidents aériens, qui travaille en collaboration avec le Bureau d'enquêtes et d'analyses français et son homologue argentin – Emiliano Sala était italo-argentin. "Si l'appareil n'était pas retrouvé, cela risquerait de réduire le champ de nos investigations", a toutefois prévenu l'AAIB. La mise au jour de débris est donc capitale pour espérer faire la lumière sur ce qu'il s'est réellement passé.

Qui a organisé le vol ?

Le président de Cardiff, Mehmet Dalman, a rapidement précisé au Wales Online (en anglais) que le club n'avait pas organisé le vol du joueur, et qu'il lui avait même proposé des billets sur une compagnie régulière – offre déclinée par le joueur et ses représentants. "Il a refusé et pris ses propres dispositions", a-t-il tenu à préciser, alors que la mère du joueur avait dans un premier temps affirmé que l'avion avait été affrété par le président de Cardiff.

L'agent Mark McKay a finalement annoncé, jeudi, qu'il avait joué un rôle dans le choix du prestataire, dans un communiqué transmis à Sky Sports News (en anglais). "Emiliano Sala nous a prévenus, moi et son agent Meissa N'Diaye, qu'il voulait rentrer à Nantes après sa visite médicale et sa signature de vendredi, explique cet agent qui a joué un rôle d'intermédiaire dans la vente du joueur. J'ai commencé à arranger un vol privé pour l'amener à Nantes samedi matin." Dès vendredi, il obtient la confirmation qu'un avion est disponible pour déposer le joueur à Nantes et l'attendre le temps nécessaire avant un retour à Cardiff.

En revanche, Mark McKay a précisé que l'avion en question ne lui appartenait pas, ni à lui ni à sa famille, après l'hypothèse avancée par certains tabloïds britanniques. Les propriétaires de l'appareil restent donc inconnus à ce jour.