Deux Femen perturbent le salon de la femme musulmane à Pontoise

Des militantes féministes du groupe Femen se sont invitées sur la scène du salon de la femme musulmane de Pontoise. "Personne ne me soumet!" pouvait-on lire sur leurs poitrines. Les organisateurs du salon ont porté plainte.

(Illustration : les Femen lors d'une action devant le Palais de justice de Paris, en octobre 2014 © MaxPPP)

Il était 20h30 quand deux Femen ont fait irruption samedi sur la scène du troisième salon de la femme musulmane de Pontoise, alors que deux hommes prenaient la parole. Les militantes féministes de 25 et 31 ans ont enlevé leurs djellabas, laissant apparaître sur leur poitrine le slogan "Personne ne me soumet!". Une phrase qu'elles ont aussi criée en arabe et en français.

Les vidéos de la scène montrent que les militantes ont été rapidement évacuées de force, alors que dans la salle le public hurlait. "La foule a crié 'bande de sales putes', 'il faut les tuer', raconte Pauline Hillier, l'une des porte-paroles des Femen. Une quinzaine d'hommes s'est ruée sur les militantes et elles ont été rouées de coups de pied." Les militantes ont été interpellées rapidement par la police et ont passé une partie de la nuit au poste à Pontoise.

"Ca a été extrêmement violent" Pauline Hillier au micro France Info de Thomas Séchier
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Selon les Femen, les menaces se sont aussi multipliées ce dimanche sur les réseaux sociaux .

Les oraganisateurs du salon se défendent

Ils parlent d'un épiphénomène. D'un acte violent perpétré par un petit groupe de Femen qualifié non pas d'extrémistes mais de "sextrémistes" . Des femmes avec qui, selon les organisateurs, "il est impossible de discuter" .

D'après Pauline Hillier, porte-parole des Femen à Paris, les deux hommes présents à la tribune au moment de l'intervention des féministes débattaient de la question :"Il faut battre ou non sa femme? Ces messieurs sont passés des mots à l'acte en rouant de coups les militantes" . La tenue de ce troisième salon de la femme musulmane, à Pontoise, a été d'ailleurs critiquée en amont. "Il y a eu une pétition en ligne (signée par près de 7.000 personnes sur le site Change.org ), parce que certains prêches sont extrêmement graves, explique Pauline Hillier. C'est presque criminel!" souligne Pauline Hullier.

Faux, répond Rachid Abou Houdeyfa, l'imam de Brest, qui affirme n'avoir jamais tenu de tels propos. Au contraire, celui que l'on surnomme l'imam du net pour les nombreuses videos qu'il diffuse sur le net, assure que les Femen font une mauvaise interprétation de son discours : "mes propos sont très dures vis-à-vis des hommes, par rapport à leurs manquements vis-à-vis des femmes. [...] Il peut y avoir des propos mal compris, mais de là à dire que je suis misogne.[...] C'est une minorité qui cherche à faire le buzz."

"Ces accusations, c'est tellement bas et tellement ridicule" Rachid Abou Houdeyfa, imam de Brest
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A noter que les Femen ont choisi de ne pas porter plainte, mais que les organisateurs du salon l'ont fait.