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"Des choses qu'on a plutôt l'habitude de voir dans des endroits comme le Liban" (Georges Salinas)

Près d'une semaine après les attentats de Paris, George Salinas témoigne sur France Info. Le directeur adjoint de la BRI, la brigade de recherche et d'identification revient sur l'assaut mené au Bataclan.
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Radio France
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 (Georges Salinas, directeur adjoint de la BRI la Brigade de recherche et d'intervention © Radio France)

L'assaut au Bataclan mené par les hommes de la BRI

"C'était une opération très complexe, nous avons vu des scènes d'horreur. Quand nous sommes arrivés, 20 à 25 minutes après le début de la prise d'otage, nous avions déjà énormément de victimes. Il a fallu se concentrer sur notre mission essentielle, qui était de débusquer les terroristes.

Nous avons avancé pour essayer de les trouver avec des gens encore blessés, qui nous demandaient de les secourir. Mais nous étions concentrés sur notre mission. Ensuite nous nous sommes retrouvés face à ces individus qui étaient des gens très déterminés. Ils ont engagé le feu très violemment et étaient prêts à aller jusqu'au bout, puisqu'ils étaient munis de ceintures d'explosifs et qu'ils n'ont pas hésité à s'en servir."

Le lieu de l'intervention : le Bataclan

"C'est une salle où il y a énormément de monde. Un vieux bâtiment, avec des recoins partout. C'était compliqué, d'autant que le lieu était plongé dans le noir. Des gens étaient cachés partout. Même quand on a réussi à neutraliser les terroristes, on a trouvé des gens derrière les portes, dans les faux-plafonds. Et ils étaient tellement apeurés qu'on a dû parfois leur faire appeler le 17 pour qu'ils soient certains que nous étions bien des policiers et pour qu'ils sortent.

Après l'attaque, ce qui nous a tous marqué, ce sont ces téléphones des victimes qui sonnaient toujours. C'était une ambiance surréaliste. Les agents de la BRI sont habitués à des scènes difficiles. IIs étaient déjà sur l'Hyper Cacher. Mais les scènes vécues ce vendredi soir sont hors du commun."

La menace kamikaze, inédite en France

"On avait déjà vécu l'Hyper Cacher avec des individus dangereux, mais pas munis de ce type de matériel. C'était des choses qu'on a plutôt l'habitude de voir dans des endroits très difficiles comme le Liban. On a d'ailleurs commencé à travailler sur cette problématique et on avait une idée sur la manière dont on devait agir. Nous avions fait évaluer les explosifs par des piégeurs d'assauts présents dans notre colonne d'assaut. On connaissait le risque, mais de toute façon, on n'avait pas le choix, puisqu'ils n'auraient pas hésité à tuer les otages devant eux.

On se doutait que les terroristes passeraient à ce genre d'actions. Donc on a développé des moyens de projection très rapides. Nous avions des gens sur place au bout de 20-25 minutes."

L'autorisation pour les policiers de porter une arme en dehors du service

"C'est une bonne mesure. Vous pouvez avoir des situations où un fonctionnaire de police aura l'opportunité de retarder une tuerie ou de régler une situation. Il y a donc un intérêt à cette mesure. Maintenant, je ne sais pas si sur une tuerie de masse, un seul fonctionnaire de police armé aurait pu faire quelque chose, ça c'est clair."

Georges Salinas, directeur adjoint de la BRI avec Ersin Leibowitch
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