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De plus en plus de victimes d'usurpation d'identité en France

Le CSA publie mercredi un sondage sur l'usurpation d'identité en France. Présentée lors d'une conférence de presse à Paris, cette étude dévoile que 400.000 Français auraient été victimes d'usurpation d'identité en dix ans, soit 8% des Français. La proportion a doublé en trois ans : en 2009, ils n'étaient que 4%.
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Radio France
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 (Sipa Autre)

Réaliser des opérations frauduleuses, civiles ou pénales, avec l'identité d'une autre personne vivante, c'est usurper son identité. Cet acte criminel, près de 400.000 Français en ont été victimes les dix dernières années, d'après une étude réalisée fin août par le CSA pour le compte de la société d'accessoires de bureau Fellowes.

Un risque "peu élevé" pour 34% des Français

Ce risque, bien réel, est pourtant perçu comme "peu élevé ou totalement nul" par 34% des personnes interrogées, tandis que 45% le considèrent comme "assez élevé". S eulement 18% le trouvent "très élevé" .

Relevés d'identité bancaire (RIB), cartes nationales d'identité (CNI) ou encore factures d'électricité, plus d'un tiers des Français jettent ou conservent des documents contenant des données personnelles sans protection. Autre élément, 40% des Français ignorent l'existence du marché noir des papiers d'identité et notamment celle du "pack identitaire" , nouvel arrivant sur le marché clandestin.

Vrais documents d'identité, copies ou faux sont regroupés dans ce "pack", ainsi que leurs corollaires administratifs, afin d'obtenir de nouvelles versions, officielles et incontestables, de ces documents auprès des administrations.

Deuxième infraction en France

De nombreuses identités ont ainsi été usurpées. Comme celle d'Adrien, intermittent du spectacle, qui a vu cet été son compte bancaire se vider de quelques milliers d'euros. Et ce grâce à un faux passeport créé simplement à l'aide de fiches de paie et contrats de travail volés dans sa boîte aux lettres. Cet homme de 32 ans avait finalement pu prouver sa bonne foi et récupérer son argent. 

Mais les usurpations d'identité ne sont pas toujours aussi évidentes à régler. En novembre 2011, un enseignant-chercheur à l'université Paris 13, Salim Mourad Cherif, avait été arrêté lors d'un voyage aux États-Unis. Il avait passé plusieurs jours en prison avant que l'on comprenne que, suite à un vol de passeport, son identité avait été usurpée.

Une forme de délinquance estimée par le criminologue, Christophe Naudin, à hauteur de plusieurs milliards d'euros par an et en passe de devenir la deuxième infraction en France, devant les cambriolages et derrière le vol de véhicule. Et pour ce spécialiste de criminalité identitaire, seule l'utilisation de la biométrie, notamment pour la CNI et le passeport, pourrait freiner ce fléau. 

Vers un système biométrique 

Promulguée le 27 mars dernier, une loi relative à la protection de l'identité a été publiée au Journal officiel le 28 mars. Cette loi, visant à lutter contre l'usurpation d'identité, prévoit la mise en place d'une CNI pouvant intégrer deux type de puces électroniques. Une première, obligatoire, qui contiendrait les données d'identités et biométriques (nom, préoms, sexe, taille et couleur des yeux, empreintes digitales etc.). Et une deuxième, facultative, contenant entre autre une signature électronique, pour faciliter l'usage des services en ligne. 

Cependant, les articles prévoyant la création d'un fichier national de toutes les données biométriques des Français avaient été censurés par le Conseil constitutionnel le 22 mars, au nom du "respect de la vie privée" .

Comment connaître, comprendre et déjouer cette délinquance de plus en plus sophistiquée qu'est l'usurpation d'identité ? Retrouvez les réponses et conseils ici.

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