Règlements de comptes à Marseille : "La République n'est plus là", déplore la sénatrice Samia Ghali

Une marche blanche en hommage à Engin Günes, victime collatérale d'un règlement de compte, a réuni 1 000 personnes dimanche 17 juin à Marseille, dont Samia Ghali. La sénatrice socialiste de Marseille a réagi sur franceinfo ce dimanche.

Une marche blanche en hommage à Engin Günes a réuni 1 000 personnes dont la sénatrice socialiste Samia Ghali à Marseille, le 17 juin 2018.
Une marche blanche en hommage à Engin Günes a réuni 1 000 personnes dont la sénatrice socialiste Samia Ghali à Marseille, le 17 juin 2018. (DENIS THAUST / CROWDSPARK)

1 000 personnes ont participé ce dimanche 17 juin après-midi à une marche blanche à Marseille, en hommage à Engin Günes, une victime collatérale d'un règlement de compte fin mai. Ce chauffeur de bus a été tué de plusieurs tirs de kalachnikov alors qu'il n'était pas visé, dans le quartier de l'Estaque, dans la nuit du 25 au 26 mai.

"La République n'est plus là" dans les quartiers, a déploré sur franceinfo Samia Ghali, sénatrice socialiste de Marseille. L'élue ajoute qu'elle trouverait "normal" que le président de la République reçoive la famille d'Engin.

franceinfo : Y-a-t-il une spécificité marseillaise ?

Samia Ghali Il n'y a pas une spécificité marseillaise, mais une spécificité française. On a aujourd'hui des armes de guerre qui sont facilement touchables, à Marseille mais partout en France. Ce qui arrive à Marseille arrive dans d'autres villes, mais Marseille est précurseur en la matière.

Estimez-vous que la loi des territoires est en conflit avec la loi de la République ?

Il n'y a même pas de loi de la République, parce que la République n'est plus là. La République, elle est où, quand vous avez un jeune qui est tué, qui n'est pas un voyou et qu'on met dans le même sac que les voyous ? Quel message envoie-t-on à cette jeunesse, en disant que finalement, qu'on soit voyou ou pas, si on est né dans ces quartiers, on est considéré de fait comme un voyou ? C'est la double peine pour les familles.

Vous avez, il y a quelques années, réclamé l'arrivée de l'armée dans les quartiers. Vous maintenez cet appel ?

Complètement. Il y a des gens qui ont des armes de guerre. Ils ont tué innocemment un jeune qui n'a rien à voir avec leurs histoires. Engin a été victime d'un traquenard, et personne n'en parle. Pourquoi ? Parce qu'il est né dans ces quartiers ? Aujourd'hui la famille de la victime demande à être reçue par le président de la République, et je trouverais normal que le président de la République la reçoive. En la recevant, c'est aux Marseillais qu'il s'adressera.