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Créteil : un homme arrêté après avoir percuté en voiture les barrières de protection de la mosquée

Il s'est enfui après les faits, sans faire de victimes, avant d'être interpellé à son domicile. 

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France Télévisions
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Un individu a heurté "à plusieurs reprises", le 29 juin 2017, les barrières de sécurité protégeant la mosquée de Créteil (Val-de-Marne). (MAXPPP)

Un homme à bord d'un 4X4 a percuté, jeudi 29 juin en fin de journée, les barrières protégeant la mosquée de Créteil (Val-de-Marne), sans faire de blessés, avant d'être interpellé. Une "tentative d'attaque" selon des responsables musulmans, qui évoquent un "drame" évité de justesse.

Selon la préfecture de police de Paris, vers 18h30, un individu à bord de son véhicule a "heurté à plusieurs reprises les plots et barrières placés en protection de la mosquée de Créteil. Ne parvenant pas à passer les obstacles, le conducteur du véhicule a poursuivi sa course, percuté un terre-plein, puis a pris la fuite." Le conducteur, propriétaire du véhicule, a ensuite été arrêté "sans incident" à son domicile. Placé en garde à vue, il était interrogé par la police judiciaire du Val-de-Marne.

Le ministre de l'Intérieur, Gérard Collomb, a indiqué dans un communiqué que les "motivations exactes" de l'homme "ayant tenté de forcer au volant de son véhicule l'accès au parking d'une mosquée" devront être déterminées par l'enquête. Une perquisition a été menée jeudi soir à son domicile, a indiqué une source proche du dossier, sans en préciser la localisation.

Des "propos confus en référence aux attentats" 

Cet homme, connu des services de police pour un fait mineur, selon une source proche du dossier, a tenu des "propos confus en référence aux attentats" jihadistes ayant frappé la France depuis 2015 et qui ont fait 239 morts. Selon une autre source proche du dossier, il s'agit d'un Arménien de 43 ans qui fait l'objet d'un suivi psychologique. Selon le parquet de Créteil, interrogé par l'AFP, il n'était pas sous l'emprise de l'alcool.

Karim Benaïssa, le président de l'Union des associations musulmanes de Créteil, qui gère la mosquée, a rapporté à l'AFP avoir été témoin de la scène : "C'était à la fin de la prière, on sortait et puis on a vu cette voiture qui fonçait vers les murs de la mosquée." Il y avait "quelques centaines de fidèles" pour la prière. "Certains fidèles ont esquivé la voiture. Il a eu un mauvais timing, mais à quelques secondes près, c'était le drame", a-t-il ajouté.

Un fidèle, Moncef Maiz, a relaté avoir vu le véhicule tenter de franchir les différents obstacles avant de tamponner des voitures de fidèles quittant la mosquée. "Ç'aurait vraiment pu être une catastrophe. On est une communauté paisible, on n'a pas envie d'être au cœur de l'actualité internationale", a-t-il dit.

"Acte islamophobe"

Dans un communiqué, le recteur de la Grande mosquée de Paris, Dalil Boubakeur, a dénoncé une "agression criminelle" et un "acte islamophobe". Le président de l'Observatoire national contre l'islamophobie au Conseil français du culte musulman (CFCM), Abdallah Zekri, a pour sa part jugé auprès de l'AFP que d'après les renseignements qu'il a récoltés auprès des fidèles, "l'acte semble volontaire et ressemble à une tentative d'attaque".

"Ce qui vient de se passer à Créteil semble justifier les craintes que j'avais émises après l'attaque près de la mosquée de Finsbury Park à Londres", a-t-il dit, appelant à "plus de vigilance de la part des responsables de mosquées" et demandant aux pouvoirs publics de "renforcer la protection des lieux de culte".

Le préfet de police de Paris, Michel Delpuech, a dit mettre "tout en œuvre" pour que l'enquête puisse "préciser les motivations du conducteur et déterminer sa responsabilité pénale". La préfecture du Val-de-Marne a indiqué travailler "sur les mesures de sécurité supplémentaires à mettre en place pour garantir dans la durée" la protection des fidèles et de la mosquée.

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