Portrait-robot, départements touchés, pistes envisagées... Ce que l'on sait des affaires de chevaux mutilés

Plusieurs dizaines de cas de mutilations d'équidés ont à ce jour été constatées en France. Plus de la moitié des départements français sont concernés, a affirmé lundi le ministre de l'Intérieur. Si 153 enquêtes ont été ouvertes, il reste difficile d'expliquer les motifs de ces attaques et de mettre la main sur les coupables.

Article rédigé par
France Télévisions
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 3 min.
Des chevaux dans les Pyrénées, en 2018.  (MARTIN BERTRAND / HANS LUCAS / AFP)

Le mystère des chevaux mutilés continue de s'épaissir, alors que le nombre de cas ne cesse d'augmenter. Si un début de piste a semblé s'ouvrir avec l'interpellation d'un homme lundi, celui-ci a finalement été mis hors de cause dans la matinée du mardi 8 septembre. Voici ce que l'on sait sur les enquêtes en cours. 

Une "trentaine de cas avérés"

Une note confidentielle du Service central du renseignement territorial (SCRT) du 26 août, qu'a pu consulter Le Parisien (article réservé aux abonnés), comptabilise "plus d'une trentaine de cas avérés" de cruauté depuis le début de l'année dans toute la France. Des chiffres "sans précédent". 

"Nous sommes extrêmement choqués par ces actes ignobles qui sont commis. Il y a aujourd'hui 153 enquêtes qui sont ouvertes partout en France dans plus de la moitié des départements", a déclaré lundi le ministre de l'Intérieur, Gérald Darmanin, lors d'un déplacement dans l'Oise. 

A ses côtés, le ministre de l'Agriculture, Julien Denormandie, a mis en avant la mobilisation des autorités "pour faire en sorte que cette crainte puisse disparaître le plus rapidement possible, que cette cruauté puisse cesser le plus rapidement possible et que in fine justice soit faite"

Au niveau national, c'est l'Office central de lutte contre les atteintes à l'environnement et à la santé publique (Oclaesp) qui coordonne les enquêtes. Selon son chef, Jacques Diacono, interrogé par Libération, l'Oclaesp a aussi "sollicité des pays voisins (...). Il y a eu des faits similaires en Allemagne, en Belgique, aux Etats-Unis – mais ce sont principalement des phénomènes anciens".

Le portrait-robot d'un suspect diffusé 

Un homme d'une cinquantaine d'années a été interpellé lundi dans le Haut-Rhin, avant d'être mis hors de cause le lendemain. Un témoin avait affirmé l'avoir reconnu suite à un portrait-robot élaboré après des sévices commis sur un cheval et deux poneys dans un refuge de l'Yonne. Une enquête a été ouverte pour cette affaire, fin août.

Le président du ranch, alerté par des cris d'animaux la nuit du 24 août, avait remarqué la présence de deux individus. Il a assuré avoir vu l'un d'eux à "100%" avant que cet homme ne lui entaille le bras gauche avec une serpe et prenne la fuite.

Plusieurs pistes envisagées 

Une "vingtaine de cas" sur la trentaine de chevaux attaqués s'accompagne d'une oreille coupée, a expliqué le colonel Hubert Percie du Sert, coordinateur de la sous-direction de la police judiciaire de la gendarmerie, à l'AFP. Des faits de "mutilations d'organes génitaux, des lacérations avec des objets tranchants" s'y ajoutent.

D'après le document confidentiel dévoilé par Le Parisien, des "traces d'empoisonnement" ont été identifiées sur des équidés morts et mutilés les 23 et 24 août dans trois départements (Yvelines, Jura, et Deux-Sèvres). Par ailleurs, la "quasi-totalité des faits ont été commis au nord d'une ligne reliant la Charente-Maritime et l'Ain", alors que pour les années précédentes, ils étaient plutôt localisés dans la moitié sud de la France.

Pour Hubert Percie du Sert, "la pluralité des auteurs et des modes opératoires" ne permet pas de définir clairement les motifs de ces attaques. Toutes les pistes sont envisagées : un défi sur internet, le mimétisme après la médiatisation des faits, la haine des équidés, des rites sataniques...

Selon Le Parisien, la piste d'une dérive sectaire est étudiée. La Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires a été mobilisée. 

La note confidentielle du SCRT précise que "le mode opératoire augure d'une connaissance particulière des équidés, de l'utilisation d'une arme blanche de taille importante, avec des individus d'une force physique certaine"Mais selon le chef de l’Oclaesp, la responsabilité de l'homme dans les mutilations et les morts de ces équidés n'est certifiée que pour "20 à 25% des cas". Interrogé par Libération, il évoque une intervention de charognards, qui "s’attaquent aux parties les plus tendres, donc les oreilles, les yeux, les parties génitales. Dans une bonne partie des cas, il n’y a pas eu d’action humaine."

Commentaires

Connectez-vous à votre compte franceinfo pour participer à la conversation.