Chauffeur de bus agressé à Bayonne : ouverture d'une enquête à la suite de fausses accusations sur les réseaux sociaux

Selon France Bleu Pays Basque, l'enquête doit chercher notamment à déterminer si la diffusion de la photo est le fait de fonctionnaires de police, l'IGPN est saisie.

L\'arrêt de bus Balishon à Bayonne (Pyrénées-Atlantiques) au lendemain de la marche blanche en hommage à Philippe Monguillot, le chauffeur de bus agressé, 9 juillet 2020 (photo d\'illustration).
L'arrêt de bus Balishon à Bayonne (Pyrénées-Atlantiques) au lendemain de la marche blanche en hommage à Philippe Monguillot, le chauffeur de bus agressé, 9 juillet 2020 (photo d'illustration). (ROMAIN DÉZÈQUE / RADIO FRANCE)

Le parquet de Bayonne a ouvert une enquête préliminaire à la suite de la plainte contre X déposée par Mourad, un jeune Bayonnais faussement accusé sur les réseaux sociaux d'être l'un des agresseurs du chauffeur de bus début juillet, rapporte France Bleu Pays Basque.

Dans plusieurs publications sur les réseaux sociaux, Mourad, 29 ans, est présenté comme l'un des agresseurs de Philippe Monguillot, le chauffeur de bus agressé à Bayonne au soir du 5 juillet et mort des suites de ses blessures. Les publications, devenues virales, ont notamment été partagées par des élus et des membres du Rassemblement national, dont Marine Pen ou Jordan Bardella. Mais la photo de Mourad, prise lors d'une garde à vue au commissariat de Bayonne il y a plusieurs années, n'a rien à voir avec l'agression du chauffeur de bus.

Marine Le Pen se dit "désolée"

"Je suis évidemment désolée pour cet homme qui, s'il est innocent, (s'est) retrouvé dans cette situation", a déclaré Marine Le Pen sur France 2. "Mon community manager a commis une erreur de rapidité" et le message Facebook "a été retiré d'ailleurs immédiatement", a-t-elle fait valoir. La présidente du Rassemblement national a invité en revanche les médias à "donner les noms" des "présumés assassins" et des "présumés violeurs".

Parfaitement reconnaissable sur la photo, le jeune homme a déposé une plainte pour "dénonciation calomnieuse et diffamation" le lundi 13 juillet. Le parquet de Bayonne a ouvert une enquête suite au dépôt de cette plainte. L'enquête cherchera notamment à déterminer si la diffusion de la photo est le fait de fonctionnaires de police. L'inspection générale de la police nationale (IGPN) a été saisie.