Ce que l'on sait sur l'accident d'autocar dans le Nord

Six personnes ont été grièvement blessées, dimanche, dans des circonstances qui restent floues. Le chauffeur a été mis en examen lundi.

Le bus encastré dans le tunnel de La Madeleine (Nord), dimanche 26 juillet 2015.
Le bus encastré dans le tunnel de La Madeleine (Nord), dimanche 26 juillet 2015. (AFP)

Les images de l'accident font frémir. Un autocar espagnol transportant 53 jeunes ressortissants espagnols s'est encastré tôt, dimanche 26 juillet, sous un tunnel de La Madeleine (Nord). Le toit du véhicule a été entièrement arraché, et six personnes ont été grièvement blessées, dans des circonstances qui restent floues. Le chauffeur a été mis en examen pour blessures involontaires lundi et placé sous contrôle judiciaire, a annoncé le procureur de Lille, lundi.

France 3

Francetv info revient sur ce que l'on sait de ce drame.

Que s'est-il passé ?

Il était aux alentours de 5 heures dimanche, lorsque l'autocar, qui reliait Bilbao (Espagne) à Amsterdam (Pays-Bas), s'est encastré dans le tunnel. Le nez du bus est bien passé sous le début de ce mini-tunnel de La Madeleine, mais le reste du véhicule à étage a ensuite été "décapité". Outre la personne qui était au volant, le bus comptait 53 jeunes ressortissants espagnols, âgés de 18 à 29 ans, deux organisateurs du voyage et leurs épouses, ainsi qu'un autre chauffeur.

Le voyage était affrété par une compagnie du Pays basque pour un séjour du 25 juillet au 1er août. Les participants devaient être hébergés dans un camping d'où différentes excursions étaient prévues, le tout pour 199 euros, a expliqué l'agence de voyages. Les jeunes sont montés à bord de l'autocar à Bilbao, San Sebastian et Vitoria pour un départ samedi après-midi.

Selon la préfecture du Nord, il s'agissait d'un trajet régulier mais le chauffeur, pour une raison encore inconnue, n'a pas emprunté l'itinéraire habituel.

 Comment se portent les victimes ?

Au total, 34 personnes ont été prises en charge au centre hospitalier régional universitaire de Lille (Nord), et  21 ont pu repartir après des soins légers. Six voyageurs ont été gravement blessés, mais leur pronostic vital n'était finalement plus engagé lundi. Treize personnes sont encore hospitalisées.

L'ambassadeur d'Espagne s'est rendu, lundi matin, à leur chevet, a précisé la préfecture du Nord. Après avoir dormi dans un gymnase de la ville, les autres rescapés devaient être rapatriés vers l'Espagne, depuis l'aéroport d'Orly.

Quelle est la responsabilité du conducteur ?

De nationalité espagnole et âgé de 59 ans, le chauffeur de l'autocar était effondré face aux événements, a rapporté le procureur de la République de Lille (Nord) Frédéric Fèvre. Réputé bon professionnel, il a expliqué aux enquêteurs avoir suivi son GPS. Les dépistages alcoolémie et stupéfiants effectués sur lui sont par ailleurs négatifs, et le chronotachygraphe (appareil surnommé mouchard qui mesure notamment les vitesses, les temps de conduite...) de l'autocar a été saisi, a précisé le magistrat.

Il a en tout cas été mis en examen, lundi soir, pour blessures involontaires et placé sous contrôle judiciaire. Il se voit interdire de conduire sur le territoire français, en plus de l'obligation de répondre aux convocations du juge d'instruction.

Il est désormais poursuivi pour "blessures involontaires ayant entraîné une incapacité totale de travail d'une durée inférieure ou égale à trois mois par violation manifestement délibérée d'une obligation de prudence ou de sécurité prévue par la loi ou le règlement", c'est-à-dire le non-respect de la signalétique routière, ainsi que de blessures involontaires n'ayant pas entraîné d'ITT avec la même circonstance aggravante. Il risque également une contravention connexe : il n'avait, en effet, pas le droit de circuler sur la voie où l'accident a eu lieu, a ajouté le procureur Frédéric Fèvre.