Ce que l'on sait de l'agression d'une jeune femme dans un parc de Reims

L'agression de cette Rémoise qui bronzait en maillot de bain a déclenché une rafale de réactions islamophobes et racistes, alors que le motif des coups n'est toujours pas établi.

Dans le parc Léo-Lagrange de Reims (Marne), le 24 mai 2011 (photo d\'illustration).
Dans le parc Léo-Lagrange de Reims (Marne), le 24 mai 2011 (photo d'illustration). (SONNET SYLVAIN / HEMIS.FR / AFP)

On sait peu de choses sur ce qui s'est passé mercredi au parc Léo-Lagrange de Reims (Marne). Pourtant, l'agression d'une jeune femme, révélée samedi 25 juillet par la presse locale, suscite une importante vague d'indignation et de propos racistes sur les réseaux sociaux. Un petit rassemblement a également été organisé dimanche sur les lieux de l'altercation, mais il n'a pas rencontré de franc succès.  

Francetv info revient sur cette affaire et l'emballement qu'elle a suscité. 

Ce que l'on sait

Une altercation dans un parc. Alors qu'elle bronzait en maillot de bain avec des amies, une jeune femme de 21 ans a été agressée dans le parc Léo-Lagrange, à Reims, mercredi 22 juillet. Frappée à plusieurs reprises par un groupe de jeunes filles, elle a été transportée à l'hôpital. Ses blessures lui valent une incapacité temporaire de travail de quatre jours, explique L'Union

Trois personnes poursuivies. Cinq jeunes femmes sont arrêtées, soupçonnées d'avoir commis cette agression. Selon le journal local, deux sont mineures et les trois autres, âgées de 18, 19 et 24 ans, doivent répondre de leurs actes devant le tribunal correctionnel de Reims le 24 septembre. Elles sont poursuivies pour violences en réunion, explique le parquet. L'auteure présumée des coups, âgée de 17 ans, a été présentée à un juge des enfants, qui l'a placée sous le statut de témoin assisté, mais cette décision a été contestée par le parquet, qui a fait appel.

Le motif de l'agression. Après une grande confusion et de fausses informations publiées dans le journal L'Union, qui évoquait un "discours aux relents de police religieuse", le parquet a mis les choses au clair, dimanche après-midi. "Ni la victime ni les auteures des coups n’ont fait état, lors des auditions, d’un mobile religieux ou d’un mobile moral qui aurait déclenché l’altercation", écrit le parquet.

De son côté, Buzzfeed publie en fin d'après-midi le témoignage d'une jeune fille qui explique avoir pris part à l'altercation : "Nous sommes passées devant trois filles en maillot de bain et j’ai juste dit à ma copine que si c’était moi, je n’oserais pas me mettre dans cette tenue. Mais j’ai dit ça car je suis complexée, absolument pas pour des questions religieuses ou morales. Je suis musulmane oui, mais tolérante." Selon son témoignage, elle aurait été "traitée de grosse" et l'échange verbal a été suivi de coups.  

Ce que l'agression a suscité

Un petit rassemblement à Reims. Une manifestation a été organisée au parc Léo-Lagrange dimanche à la mi-journée, mais n'a pas rencontré un franc succès, si l'on en croit les journalistes présents sur place. Moins de dix personnes se sont rassemblées, en maillot donc, dans le parc rémois.

Un emballement et des propos racistes. Sur Twitter, SOS Racisme a invité les internautes à poster des photos et des messages de soutien sous le hashtag #JePorteMonMaillotAuparcLeo. Mais un tour d'horizon des tweets montre de nombreuses insultes islamophobes et racistes avant même que le motif ne soit établi.

Des réactions politiques outragées. Chez Les Républicains, plusieurs élus ont tweeté leur indignation sans prendre de pincettes. C'est le cas d'Eric Ciotti qui appelle à l'"l'intransigeance" alors qu'"on veut nous imposer un mode de vie qui n'est pas le nôtre", ou de Nadine Morano, qui tweete : "La régression de la liberté de la femme... un scandale en 2015." Pas plus de prudence au FN. Le n°2 du parti, Florian Philippot, affirme que la jeune femme a été "lynchée car vivant à la française", quand le maire d'Hayange, Fabien Engelmann, dénonce "un obscurantisme religieux qui voudrait régir notre pays". Aucun des trois n'a retiré ses messages, malgré le démenti très ferme du parquet de Reims.