Valence : la piste terroriste "actuellement écartée", ce que l’on sait de l’attaque contre des militaires

Un homme a délibérément foncé sur quatre soldats en faction devant la mosquée de la ville. Ses motivations restent floues, mais pour l'heure, le parquet antiterroriste n'est pas saisi de l'affaire.

Des policiers devant la mosquée de Valence (Drôme), le 1er janvier 2016, après qu\'un homme a foncé sur des militaires au volant de son véhicule.
Des policiers devant la mosquée de Valence (Drôme), le 1er janvier 2016, après qu'un homme a foncé sur des militaires au volant de son véhicule. (PATRICK GARDIN / AFP)

L'agression a eu lieu en début d'après-midi, vendredi 1er janvier. Un homme a foncé au volant de sa voiture sur quatre soldats en faction devant la grande mosquée de Valence (Drôme), provoquant une riposte des militaires, déployés dans le cadre de l'opération Sentinelle de sécurisation des lieux sensibles mise en place après les attentats de janvier 2015. Francetv info résume ce que l'on sait de cette attaque.

Comment s'est déroulée l'attaque ?

L'attaque a eu lieu entre deux offices de la mosquée, en ce jour de prière pour les musulmans. Sur le parking de l'édifice religieux, l'homme a dirigé délibérément sa Peugeot 307 sur les militaires de l'opération Sentinelle. Les soldats ont fait les sommations d'usage après que le véhicule a foncé une première fois sur eux, avant de faire feu quand le conducteur est reparti de l'avant.

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Le chauffeur, qui a terminé dans le fossé, a été touché à un bras et à une jambe. "Les militaires ont riposté par des tirs de défense, blessant grièvement le conducteur du véhicule, sans que son pronostic vital ne soit à l'heure actuelle engagé", ont indiqué dans un communiqué commun les ministres de la Défense Jean-Yves Le Drian et de l'Intérieur Bernard Cazeneuve.

Un des militaires a été touché par le véhicule à un genou et à un tibia. Un fidèle âgé a aussi été légèrement blessé à une jambe par une balle perdue et a été secouru par l'un des soldats. Il a été "hospitalisé et opéré", selon le maire de Valence.

L'édifice visé, la grande mosquée de Valence, est un lieu très calme selon la préfecture, "où le culte se passe de manière apaisée". "C'est une mosquée modérée et calme", a confirme le maire de la ville, Nicolas Daragon. "Elle n'avait jamais reçu de menaces", assure l'un des imams, Abdallah Dliouah.

Qui est le conducteur ?

L'homme, âgé de 29 ans, a agi seul. Selon France 2, il s'agirait de Raouf El Ayeb, un individu d'origine tunisienne, inconnu des services de police, qui n'est pas non plus fiché pour terrorisme. Il a reçu trois balles lors de l'attaque des militaires. Il est toujours hospitalisé, sous le régime de la garde à vue, et a été opéré. Son audition a commencé samedi en fin de matinée, mais va être approfondie.

Ce Français, domicilié à Bron, n'était pas connu des services de police. Aucune arme ou document n'a été découvert chez lui. Il est actuellement sans emploi. Une situation qui l'aurait "perturbé", a indiqué samedi le procureur de la République de Valence. L'homme était un "musulman pratiquant, mais pas radical", qui "fréquentait la mosquée de Bron et occasionnellement la mosquée de Valence". Il était à Valence "depuis plusieurs jours", car il "était venu voir sa belle-famille", a-t-il ajouté.

Ni arme, ni explosif n'ont été trouvés à l'intérieur du break utilisé par l'agresseur. "Nous n'avons découvert ni arme ni document lors de la perquisition" chez le suspect, précise aussi le procureur. 

Quelles sont les motivations de l'attaque ?

Les motivations de l'homme restent encore floues. La "piste terroriste est actuellement écartée", a déclaré le procureur de Valence. "C'est manifestement quelqu'un qui a agi en solitaire et sans lien particulier avec une mouvance" islamique, a noté le procureur. L'acte semble être"totalement individuel""Nous n'avons pas d'éléments qui puissent nous rattacher à un réseau ou une action terroriste (...) Rien ne nous renvoie vers d'autres personnes ni vers un réseau quel qu'il soit.", indique Alex Perrin. Le parquet de Valence reste donc saisi de l'enquête, le parquet antiterroriste n'a pas prévu de se saisir de l'affaire.

Pour autant, l'agresseur aurait fait part devant les secouristes "de sa volonté de se faire tuer par des militaires et de tuer des militaires", au motif que ceux-ci "tuaient les gens", a encore dit le magistrat. Sa femme"n'a pas évoqué de troubles du comportement ni de radicalisme" de son mari, musulman pratiquant. "Son épouse ne comprend pas ce qui s'est passé", a-t-il dit. "Ses motivations sont pour l'instant inexplicables", a relevé Alex Perrin, en soulignant toutefois que, lors de l'assaut, "il aurait notamment proféré 'Allah est grand', ce qui montre un lien avec une certaine religiosité".

"Il n'a pas de passé psychiatrique particulier, même s'il y a des interrogations sur sa santé mentale", a encore dit le magistrat. Il a précisé, qu'à sa connaissance, l'homme n'avait pas fait de séjour en établissement psychiatrique.

Une information judiciaire pour "tentative d'homicide sur personnes dépositaires de l'autorité publique" sera ouverte dimanche à Valence. "On s'interroge pour savoir si c'est un acte prémédité", auquel cas l'information serait requalifiée en "tentative d'assassinat", a précisé le procureur.