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Bouygues réclame des dommages et intérêts en béton au Canard Enchaîné

Le bras de fer oppose le groupe Bouygues au Canard Enchaîné. L’entrepreneur réclame la modique somme de 9 millions d’euros de dommages et intérêts au journal satirique. Il estime avoir été diffamé.
Article rédigé par
Radio France
Publié Mis à jour
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 (Olivier Laban-Mattei/Radiofrance Radio France)

Le groupe Bouygues vient d’assigner Le Canard Enchaîné en
justice pour diffamation. En cause, des articles publiés par le journal concernant
d’éventuels faits de corruption concernant le chantier du futur Pentagone
français, bâtiment qui doit rassembler les différents services du ministère de
la Défense. Sur le plan judiciaire, le groupe de Martin Bouygues a déjà obtenu du
tribunal de Paris l’autorisation d’assigner le Canard en urgence. L’affaire
sera donc plaidée le 18 janvier prochain.

Sur le fond, le géant du BTP reproche au journal satirique
son article du 7 décembre dernier dans lequel il avait révélé l’ouverture d’une
information judiciaire pour corruption et trafic d’influence sur d’éventuelles
malversations lors de l’attribution du marché du futur chantier du ministère de
la Défense dans le quartier Balard à Paris. Selon l'hebdomadaire, un haut responsable de la Défense est soupçonné d'avoir transmis à un cadre dirigeant du groupe des informations liées au cahier des charges du marché et ce avant ses concurrents. 

La réaction de Martin Bouygues

Martin Bouygues, le PDG du groupe avait une semaine plus tard réagi dans le journal les Echos. Le grand patron avait annoncé vouloir saisir la justice afin de défendre son image et sa réputation  face à de fausses accusations. Accusations
récusées également par le ministère de la Défense pour qui l’attribution du
chantier a été conduite en toute "transparence et régularité".

"La somme demandée est totalement délirante "

A ce stade du bras de fer entre le journal et le groupe
Bouygues, ce qui surprend, c’est le montant de la somme réclamée par l’entrepreneur.
Bouygues estime à 9 millions d’euros, le montant des dommages et intérêts liés
à cet article. Pour Louis-Marie Horeau, rédacteur en chef adjoint au Canard
Enchaîné, le groupe Bouygues semble avoir perdu le sens de la mesure en
réclamant une "somme totalement délirante ". Une façon selon le journaliste de
faire peur aux autres médias.

Une somme impressionnante qui en cas de victoire du groupe
Bouygues signerait tout simplement  ""la
mort du journal" estime de son côté l'association Reporters sans frontières dans un communiqué.

 

 

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