Boualem Sansal : "Il faut tout mettre sur la table : le terrorisme, l'islamisme mais aussi l'islam"

L'écrivain algérien Boualem Sansal est resté sidéré devant les attentats qui ont fait au moins 129 morts le 13 novembre à Paris et Saint-Denis. Pour lui, il y a un travail de fond, en longueur, à faire pour trouver une solution politique au terrorisme, en privilégiant l'islam de France plutôt que l'islam "importé".

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Pour Boualem Sansal, les attentats du 13 novembre, c'est bien sûr l'horreur de cette soirée d'effroi, au cours de laquelle plusieurs terroristes ont tué au moins 129 personnes. C'est aussi, pour cet écrivain algérien, le malheureux souvenir du terrorisme qui a frappé son pays par le passé. "Je vois se reproduire en France et en Europe ce qui s'est produit dans nos pays, notamment en Algérie. Ça me désole d'autant que c'est un processus quasi-impossible à contrôler, en tout cas dans l'immédiat, il faudra des années pour trouver les moyens de contrecarrer cette chose-là ."

D'après l"auteur de 2084. La fin du monde , seule une "solution politique " permettra de contrôler cette menace qui risque de "s'aggraver ". Mais il faudra des années pour y parvenir, ajoute-t-il. Et il faudra absolument "introduire dans le débat l'islam ." "Il faut tout mettre sur la table : le terrorisme, l'islamisme mais aussi l'islam. Il y a une religion à examiner, à faire évoluer ."

C'est donc un travail de fond qui doit être fait, pour distinguer les deux islams qui "s'affrontent sur le terrain européen, en particulier en France ", explique Boualem Sansal. "Un islam de France qui essaie de trouver sa place dans un jeu démocratique naturel, acceptant la modernité, et probablement compatible avec la démocratie. Et il y a un islam en France, une importation qui vient des pays arabes, Arabie Saoudite, Qatar, etc., avec une intention prosélyte conquérante ." 

Boualem Sansal : "En France, on ne se sent pas légitime pour discuter de l'islam" (écrivain Algérien)
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