Faux billets "Disneyland", rendez-vous dans des palaces : la police alerte sur des arnaques aux fausses coupures

Des réseaux criminels arnaquent des particuliers avec de faux billets de banque. Leur cible : les personnes qui cherchent à vendre des biens de luxe en liquide.

Article rédigé par
édité par Clémentine Vergnaud - David Di Giacomo
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 2 min.
Un exemple des faux billets retrouvés par la police nationale, le 20 janvier 2022. (POLICE NATIONALE)

Attention aux faux billets de banque. C'est le message lancé par la police vendredi 21 janvier, car des groupes criminels écoulent des dizaines voire des centaines de milliers d'euros de faux billets, estampillés "Disney" ou "Poker", par exemple. Ils font la même taille et ont la même couleur que les vrais billets de banque mais la différence est évidente en un coup d'œil. "Vous avez par exemple un billet de banque de 500 euros estampillé 'Disneyland'. On est donc sur une reproduction avec une inscription assez fantaisiste", détaille le commissaire William Hippert, porte-parole national adjoint de la police judiciaire et chef du service d'information, de renseignement et d'analyse stratégique sur la criminalité (Sirasco). D'autres billets comportent des inscriptions en signes chinois. "On parle de fac-similés." Ces faux billets s'achètent en quelques clics sur Internet. 

La cible de ces escrocs : des particuliers qui cherchent à vendre des biens de luxe en liquide. Ils se focalisent donc sur des transactions juteuses. En région parisienne, par exemple, ils ont arnaqué un particulier qui pensait avoir vendu pour plus de 60 000 euros de petits lingots d'or : il s'est en fait retrouvé avec des liasses de fausses coupures.

"Tout est basé sur la persuasion. On parle affaire, on est dans des grands palaces parisiens ou on loue des salles de réunion... On met de la poudre aux yeux pour mettre en confiance la victime."

William Hippert, chef du Sirasco

à franceinfo

Les escrocs soignent l'arnaque jusqu'à exhiber des vrais billets de banque, quand la victime est en confiance, pour faire encore plus illusion. "Plusieurs individus essaient d'endormir la victime en lui présentant les vrais billets et en lui expliquant les modalités de la transaction, détaille William Hippert. Ensuite, on attire l'attention de la victime sur autre chose et on remet, in fine, des faux billets." Le mode opératoire est parfois digne d'un film : "On a eu des affaires où des complices étaient cachés dans un meuble et changeaient la valise de vrais billets, qui avait été dans un premier temps montrée à la victime, par une valise remplie de fac-similés." Ces groupes sont, selon la police, souvent originaires des Balkans.

Difficile pour les victimes de déposer plainte

Les escros bénéficient de deux avantages : d'abord, la victime ne constate l'arnaque qu'après ; ensuite les vendeurs vont rarement déposer plainte. En effet, avec leur mallette de faux billets sur les bras, difficile de pousser la porte du commissariat, pour des raisons fiscales. "Les escrocs utilisent souvent l'appât du gain. Quand on veut faire des transactions avec pour objectif de ne pas déclarer la totalité de la somme, il faut évidemment s'attendre à attirer ce type d'escrocs." Ces transactions peuvent parfois atteindre parfois un million d'euros en fausses coupures, quand il s'agit de biens immobiliers de luxe.

Ces mêmes faux billets sont aussi retrouvés dans le milieu de la drogue, pour s'arnaquer entre trafiquants. Preuve de l'ampleur de la circulation de ces faux billets : en novembre, les douaniers du poste-frontière de Modane (Haute-Savoie), à la frontière avec l'Italie, ont découvert un million d'euros en billets fac-similés de 200 euros. En 2021, 2 000 billets de ce type ont été remis à la banque de France. Ce chiffre est sans doute sous-évalué. 

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