Chambéry : un quatrième bébé mort à cause d'une poche alimentaire du laboratoire Marette ?

La ministre de la Santé Marisol Touraine a confirmé qu'un autre nouveau-né était décédé en mars 2013 à l'hôpital de Chambéry. Il souffrait des mêmes symptômes que les trois nourrissons morts en décembre.

La ministre de la Santé, Marisol Touraine (de face), discute avec les médecins de l\'hôpital universitaire de Chambéry (Savoie), le 5 janvier 2014.
La ministre de la Santé, Marisol Touraine (de face), discute avec les médecins de l'hôpital universitaire de Chambéry (Savoie), le 5 janvier 2014. (PHILIPPE DESMAZES / AFP)

Nouveau rebondissement dans l'enquête sur la mort de trois bébés à la maternité de l'hôpital de Chambéry (Savoie). Marisol Tourraine a confirmé mercredi 15 janvier qu'un quatrième nourrisson était mort à l'hôpital de Chambéry en mars 2013. Lui aussi avait été nourri à l'aide d'une poche de nutriments fabriquée par le laboratoire Marette, basé à Courseulles-sur-Mer (Calvados).

Trois familles ont déjà porté plainte contre l'hôpital. La juge d'instruction de Marseille a inclus ce quatrième cas dans son enquête et ouvert une information judiciaire contre X, pour "homicides et blessures involontaires, mise en danger délibérée de la vie d'autrui et fabrication de médicaments sans respecter les bonnes pratiques".

L'enquête concerne aussi bien la production que l'administration des nutriments et est élargie à toute la France. Mais au cœur des investigations, on retrouve à chaque fois le laboratoire Marette, qui a fabriqué les poches alimentaires. Francetv info revient sur les derniers éléments de l'enquête pour retracer l'origine de la bactérie

Une quatrième victime identifiée

La ministre de la Santé, Marisol Touraine, a confirmé mercredi 15 janvier qu'un autre nouveau-né était décédé le 12 mars 2013, après l'utilisation d'une poche de nutrition venant du laboratoire Marette. "Il est trop tôt pour savoir si les causes de la mort de ce bébé sont les mêmes" que pour les trois autres, a toutefois souligné la ministre de la Santé sur BFMTV.

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"Il s'agit d'un bébé qui est mort au mois de mars, pas du tout à la même période, pour lequel l'hôpital [de Chambéry] s'interroge et pour lequel la famille nous a saisis", a indiqué le procureur de Marseille Brice Robin. Il évoque notamment une ressemblance entre les symptômes de ce bébé et de Chloé, Théo et Milie, les trois nourrissons morts les 6, 7 et 12 décembre, ainsi que "la rapidité avec laquelle le bébé est décédé".

Marisol Tourraine demande le signalement de décès ou d'incidents

"C'est probablement dans ce laboratoire que la contamination est intervenue", a résumé la ministre. En attendant les premiers résultats de l'enquête administrative, elle a demandé que les seize établissements hospitaliers approvisionnés par Marette signalent d'éventuels incidents ou décès de nourrissons.

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La ministre a par ailleurs indiqué que les résultats de l'inspection menée à l'hôpital de Chambéry étaient également attendus la semaine prochaine et que si des "dysfonctionnements" étaient intervenus, elle prendrait les "mesures nécessaires".

Le laboratoire Marette renonce à tout recours

Les activités de ce laboratoire ont été suspendues par les autorités sanitaires le 7 janvier, même si aucun élément ne permet à ce jour de dire comment s'est développée cette bactérie. 

Le laboratoire, qui avait un temps envisagé un recours, a annoncé mardi 14 janvier, par la voix de son avocat, qu'il renonçait à cette procédure. "Aucune piste ne doit être écartée sur la chaîne des responsabilités", a-t-il déclaré lors d'une conférence de presse organisée à Caen (Calvados) avant d'ajouter : "Ce constat interdit au laboratoire Marette d'exposer ses patients au moindre risque."