"Un procès ne soigne personne" : les rescapés et familles de victimes des attentats de janvier 2015 accompagnées pour affronter le procès

C’est un procès inédit qui s’ouvre mercredi devant la cour d’assises spéciale de Paris : le procès des attentats de janvier 2015. Un procès hors norme qui va durer plus de deux mois. Une épreuve pour les rescapés et proches des victimes.

Article rédigé par
Margaux Stive - franceinfo
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 1 min.
La salle d'audience dans le palais de justice de Paris, le 27 août 2020. (STEPHANE DE SAKUTIN / AFP)

"Ils l'imaginent à peine tellement c'est angoissant pour eux". Les rescapés et proches des victimes des attentats de janvier 2015 se préparent à affronter l'épreuve du procès historique et hors norme. Du 2 septembre au 10 novembre, 14 accusés sont jugés devant la cour d'assises spéciale de Paris. Ils sont soupçonnés d'avoir apporté, à des degrés divers, un soutien logistique aux frères Kouachi et à Amédy Coulibaly, les auteurs des attaques de Charlie Hebdo, Montrouge et de l'Hyper Cacher qui ont fait au total, 17 morts

Sur les bancs des parties civiles, 200 personnes seront présentes. Leur suivi psychologique a commencé quelques heures après les attentats. Une séance par semaine, parfois plus. Mais depuis un an, l’association prépare spécifiquement les victimes à affronter l’épreuve de ce procès, et notamment l’étape que beaucoup redoute : celle de leur audition. À leurs cotés, l’association Paris Aide aux victimes en accompagnera une soixantaine durant ce procès. "Certains, après le procès ou leur audition, disent 'mais je n'ai pas eu le temps de dire ça, je n'ai pas pu dire ça', d'où cette importance de le préparer, de façon à ce qu'on puisse se dire 'là, j'ai dit ce que j'avais à dire'", explique Carole Damiani, la présidente de Paris Aide aux victimes.

Se préparer à revivre des traumatismes

Le moment du procès peut être libérateur, mais le risque, c’est aussi que les victimes en attendent trop : "Ce qui est important, c'est qu'elle n'attendent pas du procès qu'il les soigne. Un procès ne soigne personne." Au contraire même, voir les accusés en face, revivre le récit des attaques, cela peut aussi réveiller les traumatismes. "Des gens qui s'effondrent, il y en a, assure-t-elle. J'ai rarement vu des procès d'assises, surtout de cette importance, où il n'y avait pas des gens qui avaient besoin d'être mis à distance, de ne plus être là parce que c'était trop lourd, et c'est aussi notre vigilance à nous de dire à quelqu'un 'là, il faut peut-être faire une pause'."

Afin d'accompagner les victimes, l’association a mis en place un dispositif important. Huit personnes au total dont six psychologues seront présents tout au long de ce procès.

L'aide aux victimes pour le procès des attentats de janvier 2015 : écoutez le reportage de Margaux Stive
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