Cet article date de plus de six ans.

Marche républicaine : les caricatures de "Charlie Hebdo", repoussoirs pour certains dirigeants

De nombreux chefs d'Etat et de gouvernement ont fait le déplacement pour défiler aux côtés de François Hollande dimanche. Mais certains ont brillé par leur absence ou leur discrétion.

Article rédigé par
France Télévisions
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 1 min.
Des chefs d'Etat et de gouvernement autour du président de la République français, François Hollande, lors d'une marche républicaine organisée à Paris, le 11 janvier 2015, en mémoire des victimes des attentats. (ERIC FEFERBERG / AFP)

Le monde entier, ou presque, s'était donné rendez-vous à Paris, dimanche 11 janvier. Des dignitaires d'une cinquantaine de pays ont rejoint le cortège de la marche républicaine organisée dans les rues de la capitale en hommage aux victimes des attentats des jours derniers en France.

>>> Hommages, sécurité, enquête... En direct, les suites des attentats

Aux côtés de François Hollande, Angela Merkel, David Cameron et d'autres dirigeants européens, de nombreux représentants du monde arabe avaient fait le déplacement. Mais certains ont tout de même brillé par leur absence ou leur discrétion.

Le Maroc absent

Présent dans la capitale, le ministre des Affaires étrangères marocain, Salaheddine Mezouar, s'est bien rendu à l'Elysée dimanche, pour y présenter "les sincères condoléances du Royaume du Maroc à la France", mais a finalement refusé de rejoindre la marche républicaine dans les rues de Paris.

L'ambassade marocaine a diffusé un communiqué pour justifier cette décision, arguant "de la présence de caricatures blasphématoires du prophète" dans le cortège. Dès samedi, les autorités marocaines avaient conditionné leur participation à la manifestation à l'absence de tels dessins, régulièrement publiés dans les colonnes de Charlie Hebdo.

Le Qatar et l'Arabie saoudite discrets

D'autres pays ont affiché une présence discrète dans le défilé, note Le Figaro. Le journal cite les cas de l'Arabie saoudite et du Qatar, qui n'étaient pas représentés dimanche par des personnalités de premier plan : Doha avait missionné un frère de l'émir, tandis que Riyad avait dépêche le numéro 2 de sa diplomatie.

Les deux pays avaient pourtant tenu à condamner l'attentat qui a visé la rédaction de Charlie Hebdo. Un acte "lâche, qui est rejeté par l'islam comme il est rejeté par les autres religions", a relevé l'Arabie saoudite. Pour le Qatar, régulièrement accusé de soutenir des factions islamistes extrémistes dans des pays comme la Syrie et la Libye, "de tels actes visant des civils non armés contredisent tous les principes et toutes les valeurs morales et humaines".

Mais difficile "pour leurs dirigeants de s'afficher à Paris", analyse un expert français du Golfe dans Le Figaro. "La majorité de la population est farouchement wahhabite, c'est-à-dire partisane d'un islam ultrarigoriste qui ne peut tolérer qu'on insulte le prophète", explique-t-il. Les multiples caricatures de Mahomet diffusées par Charlie Hebdo sont encore dans les esprits.

Commentaires

Connectez-vous à votre compte franceinfo pour participer à la conversation.