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Les gendarmes de Dammartin racontent leur face-à-face avec les frères Kouachi

Ils ont été les tout premiers à arriver sur les lieux. Deux gendarmes de la petite commune de Seine-et-Marne racontent à Europe 1 comment ils se sont retrouvés face aux frères Kouachi, retranchés dans une imprimerie locale.

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France Télévisions
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Les véhicules des gendarmes déployés à Dammartin-en-Goële (Seine-et-Marne), où les frères Kouachi étaient retranchés dans une imprimerie, le 9 janvier 2015. (KENZO TRIBOUILLARD / AFP)

Ils ont été les tout premiers, vendredi 9 janvier, à arriver sur les lieux, avant d'être rejoints par de nombreux renforts. Deux gendarmes de la petite commune de Dammartin-en-Goële (Seine-et-Marne) racontent à Europe 1 comment ils se sont retrouvés face aux frères Kouachi, retranchés dans une imprimerie locale.

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Ce matin-là, l'homme de 45 ans, chef de patrouille, et sa collègue de 28 ans sont alertés vers 8h30. Ils se dirigent vers la société : "A un kilomètre de l'entreprise, on a coupé [notre sirène et notre gyrophare] pour vraiment arriver discrètement, sans alerter les auteurs qui sont déjà sur place", se souvient le gendarme.

"Il s'est tourné avec sa kalachnikov"

Le véhicule utilisé par les frères Kouachi durant leur fuite est là, stationné sur le parking de l'entreprise. "J'ai aperçu dans la baie vitrée en hauteur un individu, poursuit le gendarme, interrogé par la radio. En très peu de secondes il fallait réagir, j'ai vu qu'on était à découvert."

Les deux coéquipiers sortent de leur voiture. "Pendant dix secondes, il a fait feu sur notre véhicule à deux reprises, raconte le chef de patrouille. Pendant ces dix secondes, je le tenais en respect avec mon arme. (…) Quand il m'a vu, il a crié 'Allahou Akbar' et il s'est tourné avec sa kalachnikov."

"Ce sont dix secondes qui m'ont paru une éternité"

Le gendarme riposte. Le terroriste "a été touché et il est tombé au sol, explique-t-il. Il était à quatre mètres de moi. C'est un moment de dix secondes qui m'a paru une éternité." L'homme explique avoir pensé à ce moment-là aux victimes de l'attentat contre la rédaction de Charlie Hebdo, mercredi, et notamment au policier, Ahmed Merabet, abattu à bout portant, en pleine rue, par les frères Kouachi.

"Ce sont des images qui m'ont marqué, qui m'ont fait monter en pression, confie le gendarme. J’avais l’occasion de le neutraliser mais je n’étais plus en situation de légitime défense et les règles sont strictes sur l’usage de notre arme", précise-t-il à la radio. Saïd Kouachi se retranche alors dans le bâtiment. 

En attendant d'être rejoints par les renforts, les deux gendarmes crèvent le pneu avant du véhicule utilisé par les terroristes, "pour ralentir éventuellement leur fuite". En retournant à leur voiture, ils constatent que la portière avant est criblée de balles, côté passager : c'est là que le chef de patrouille se trouvait, quelques secondes auparavant.

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