Après les attaques terroristes, des organisations lycéennes ripostent aux théories du complot

Trois organisations lycéennes vont créer un site pour contrer les thèses complotistes qui fleurissent après les attaques de la semaine dernière. Une manière de répondre à la défiance des jeunes envers les médias.

Une vue générale de la marche organisée dimanche 11 janvier 2015, place de la République à Paris, après les attentats terroristes qui ont frappé la France.
Une vue générale de la marche organisée dimanche 11 janvier 2015, place de la République à Paris, après les attentats terroristes qui ont frappé la France. (YOUSSEF BOUDLAL / REUTERS)

Le malaise est profond. Après les attaques terroristes qui ont frappé la France, les thèses complotistes essaiment chez les jeunes, au point d'alarmer trois organisations lycéennes (Fidl, UNL, SGL). Après une rencontre au ministère de l'Education, lundi 12 janvier, elles ont décidé de lancer un site pour démonter les fausses informations et les théories du complot. La plateforme devrait être mise en ligne d'ici à deux semaines.

"Plus vite ce sera fait, moins ces thèses auront le temps de grandir dans les lycées", estime Zoïa Guschlbauer, présidente de la Fidl. "On entend de tout, poursuit-elle. Par exemple, que c'est le gouvernement qui a demandé à des gens de tuer les journalistes de Charlie Hebdo." Les théories sont nombreuses : le rétroviseur qui change de couleur parce qu'il est chromé, les photomontages, la petite phrase du livre de Michel Houellebecq (Soumission) censée annoncer le drame... "On reçoit beaucoup de questions de lycéens, explique Eliott Nouaille, président du Syndicat général des lycéens (SGL). Ils nous demandent si on est vraiment sûrs. Pour le moment, on se contente de renvoyer vers des articles de journaux."

Un site indépendant du ministère et des médias

Le site ne comportera aucune mention officielle. En effet, ce serait condamner d'avance le projet. "Il n'est pas question de créer un site académique, précise-t-elle, car nous cherchons à toucher le public le plus large possible." Pas question, non plus, de s'associer aux médias, ignorés de nombreux jeunes. "On dit souvent que la jeunesse se désintéresse des médias, mais ce sont aussi les médias qui se désintéressent des jeunes, regrette Eliott Nouaille. Aujourd'hui, beaucoup n'ont plus l'impression d'être entendus et préfèrent aller sur le site de Dieudonné ou d'Alain Soral." Il compte donc batailler sur le même terrain, à grand renfort d'humour et d'ironie.

Face à Najat Vallaud-Belkacem, les organisations lycéennes ont également réclamé la mise en place de temps de parole dans les établissements. Elles songent enfin à créer des cellules militantes, actives sur les réseaux sociaux. Et malgré la dégradation du climat, Zoïa Guschlbauer reste optimiste. "Je reste persuadée qu'en discutant avec les gens, on peut y arriver."