Sécurité des établissements scolaires : "Il faut dire stop", selon David Lisnard qui appelle à "des mesures immédiates"

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Article rédigé par franceinfo
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Le président LR de l'Association des maires de France s'est dit favorable, mercredi sur franceinfo, à l'utilisation de la reconnaissance faciale aux abords des établissements scolaires, cinq jours après l'attentat d'Arras.

"Il faut dire stop, il faut qu'il y ait des mesures immédiates", a prôné mercredi 18 octobre sur franceinfo le président Les Républicains (LR) de l'Association des maires de France (AMF) David Lisnard, après l'attaque au couteau dans un lycée d'Arras (Pas-de-Calais) vendredi 13 octobre qui a coûté la vie à un enseignant.

"À un moment donné, ça suffit et il y en a assez des niaiseries et des mièvreries", explique le maire de Cannes, alors que le ministre de l'Éducation nationale Gabriel Attal a indiqué mardi avoir effectué "179 saisines du procureur de la République" pour des incidents lors des hommages lundi aux enseignants Dominique Bernard, tué à Arras, et à Samuel Paty, tué trois ans plus tôt. "Il a bien fait, il a pris une bonne décision", souligne David Lisnard, même si à ses yeux "ce n'est pas assez". "On doit mener un combat judiciaire, policier face à l'islamisme, mais aussi un combat culturel, affirme l'élu LR. Il ne faut surtout pas banaliser ces faits".

"L'État a beaucoup de mal à faire confiance aux maires"

Interrogé sur la sécurisation des établissements scolaires, David Lisnard se dit favorable à l'utilisation de la reconnaissance faciale aux abords des établissements scolaires, à l'instar de la proposition du président LR d'Auvergne-Rhône-Alpes Laurent Wauquiez. Celui-ci demande dans un entretien au Parisien mardi de "pouvoir expérimenter autour des lycées de (sa) région l'utilisation de ces logiciels" qui, à ses yeux, sont parmi les "moyens technologiques (...) qui permettraient de mieux lutter contre le terrorisme". "Je crois qu'elle peut être utilisée avec des précautions, elle doit être toujours sous le contrôle du juge", développe le maire de Cannes. "Identifier un radicalisé dangereux près d'un établissement, ça me paraît du bon sens et il est temps de faire preuve de bon sens".

"L'État a beaucoup de mal à faire confiance aux maires", relève-t-il concernant le fait pour les maires d'avoir accès aux personnes fichées S sur leur commune. Le maire LR de Montélimar Julien Cornillet a interpellé lundi le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin pour demander que les maires soient mieux informés. "Nous n'avons pas accès au fichier S. C'est un vrai problème quand vous êtes maire", a expliqué l'élu drômois. "Connaître les fichés S, si je ne peux rien faire ça ne m'intéresse pas non plus", répond David Lisnard. "Si on me dit tel ou tel fichés S est potentiellement dangereux, mais vous ne pouvez pas lui refuser un logement social parce que cela porterait atteinte à l'enquête, vous êtes obligé de lui assigner une aide sociale, mais c'est pire que tout", cingle celui qui briguera en novembre un nouveau mandat à la tête de l'influente AMF.

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