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Marseille : trois questions sur la remise en liberté de l'assaillant la veille de son attaque au couteau à la gare Saint-Charles

L'assaillant de la gare Saint-Charles, à Marseille, avait été remis en liberté avant de passer à l'attaque et de tuer deux jeunes femmes. Une information qui a aussitôt fait polémique.

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France Télévisions
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Des militaires patrouillent après l'attaque à la gare Saint-Charles à Marseille (Bouches-du-Rhône), le 10 octobre 2017. (FABIEN COURTITARAT / HANS LUCAS)

En situation irrégulière, arrêté deux jours avant le drame, connu pour des faits de droit commun... Au lendemain de l'attaque à Marseille, revendiquée par l'organisation Etat islamique, au cours de laquelle deux jeunes femmes ont été tuées, la remise en liberté de l'assaillant pose la question d'une possible défaillance de l'administration. Franceinfo fait le point sur ce que l'on sait. 

Pour quelles raisons l'assaillant a-t-il été interpellé vendredi ? 

Connu depuis 2005 par les services de police sous sept identités différentes pour des faits de droit commun, l'auteur des coups de couteau, en situation irrégulière et détenteur d'un passeport tunisien, avait été interpellé vendredi à Lyon pour vol à l'étalage, a indiqué lundi 2 octobre le procureur de la République de Paris. Selon les informations de France 2, les autorités tunisiennes ont identifié l'assaillant comme étant l'un de leurs ressortissants, appelé Ahmed Hanachi. L'homme est connu en Tunisie pour des faits de droit commun.

La procédure le concernant avait finalement été classée sans suite. "Les autorités préfectorales locales n'ont pas été en mesure de prendre une mesure d'éloignement à son encontre", a souligné François Molins.

Pourquoi n'a-t-il pas été placé en centre de rétention ? 

Ahmed Hanachi n'a pas pu être placé en centre de rétention car la préfecture du Rhône n'a pas donné son feu vert, explique-t-on de sources proches de l'enquête à l'AFP. "La personne de permanence à la préfecture du Rhône, ayant autorité pour signer l'obligation de quitter le territoire et le placement en centre de rétention (...) était absente", a assuré une de ces sources. "Il y avait aussi un problème de disponibilité de place en rétention le samedi matin", a fait valoir une autre source.

Comment la classe politique a-t-elle réagi ? 

"Il avait été arrêté il y a quelques jours pour un vol à l'étalage dans une autre ville que Marseille, ce qui nous surprend c'est que comme il était en état de situation irrégulière, on ne l'ait pas gardé", s'est étonné le maire de Marseille, Jean-Claude Gaudin lors d'une conférence de presse. Sur LCP, le président de la région Paca, Renaud Muselier s'est lui agacé de cette remise en liberté : "L'individu était connu des services de police ! Il était clandestin et a été arrêté vendredi à Lyon. Pourquoi était-il en liberté ?" Le président de Debout la France, Nicolas Dupont-Aignan, a lui dénoncé sur la même chaîne une "faillite de l'Etat". 

Plusieurs cadres du Front national ont immédiatement réagi sur Twitter en dénonçant la situation et en réclamant la démission du ministre de l'Intérieur, Gérard Collomb. 

Face à la polémique, le ministre de l'Intérieur, Gérard Collomb, a saisi lundi soir l'inspection générale de l'administration (l'IGA) pour faire la lumière sur cette procédure. La mission de l'IGA doit, selon le communiqué du ministère, "apporter tous les éléments objectifs sur la procédure observée et les réponses apportées par les services de l’Etat dans le contexte propre au département du Rhône s'agissant notamment de la procédure administrative suivie, du statut et du parcours de l’individu, ainsi que de la mise en œuvre d’une procédure d’éloignement du territoire français à son encontre".

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