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Vidéo Affaire Théo : quelles sont les personnes les plus souvent visées par des contrôles d'identité ?

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L'affaire Théo a relancé le débat sur les contrôles d'identité qui ciblent davantage les jeunes hommes noirs ou arabes que le reste de la population.
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L'affaire Théo a relancé le débat sur les contrôles d'identité qui ciblent davantage les jeunes hommes noirs ou arabes que le reste de la population, selon une étude commandée par le Défenseur des droits.

Le viol présumé du jeune Théo lors de son interpellation brutale après un contrôle d'identité à Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis), le 2 février, a relancé le débat sur les relations, souvent tendues, entre la police et les citoyens. Pour le Défenseur des droits, Jacques Toubon, interviewé lundi 13 février sur France Inter, il ne s'agit ni d'un simple "fait divers" ni d'une unique "affaire judiciaire", mais de la dernière et tragique illustration d'un "fait de société".

Les policiers français procèdent à des millions de contrôles d'identité chaque année, mais il n'existe aucun registre des personnes contrôlées qui permettrait d'avoir des informations sur les circonstances et les motifs de ces contrôles. Afin d'apporter des éléments de réponse, le Défenseur des droits a réalisé une étude sur un échantillon d'un peu plus de 5 000 personnes. Celle-ci révèle des contrôles d'identité très ciblés.

Les jeunes hommes noirs ou arabes plus contrôlés

Premier enseignement : les contrôles d’identité se concentrent dans les grandes villes, et sur les personnes résidant dans une cité ou un grand ensemble urbain. Deuxième information : les jeunes de 18 à 25 ans déclarent avoir été sept fois plus contrôlés que le reste de la population. Et plus de la moitié assurent avoir été fouillés au cours de ce contrôle. Enfi, parmi les jeunes hommes "perçus comme noirs ou arabes", huit sur dix affirment avoir été contrôlés dans les cinq dernières années. Et 80% d'entre eux ont subi une fouille. Lors de ces contrôles d'identité, 40% déclarent avoir été tutoyés, 21% insultés et 20% brutalisés.

Près de 60% des personnes se disant fréquemment contrôlées se sont senties discriminées. Mais pour autant, moins de 5% des personnes contrôlées engagent des démarches pour s’en plaindre, plus de huit sur dix jugeant que cela ne servirait à rien. La généralisation des caméras-piétons dans la police et la remise de récépissés à l'issue des contrôlés d'identité sont-elles efficaces pour éviter les "contrôles au faciès" ? Le débat fait rage. Le Défenseur des droits réclame une "traçabilité" des contrôles de police, estimant que cela permettrait de limiter les contrôles "subjectifs".

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