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Arme, billets et drogue : la justice ouvre une enquête sur le clip d'enfants rappeurs de Sarcelles

Dans ce clip, on voit des enfants exhiber une arme, des liasses de billets, mais aussi un sachet d'herbe. 

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France Télévisions
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 2 min.
Extrait du clip "1er Pocheton", du groupe Sarcelleslite, mis en ligne sur YouTube le 2 janvier 2015. (TREIZE K / YOUTUBE)

"Hé ouais, faut se faire son seille-o (oseille), (...) ramène les tasses-pé (pétasses), sors pas un tard-pé (pétard, arme), si t'as pas les couilles de tirer". Le moins que l'on puisse dire, c'est que les paroles de 1er pocheton, du groupe de rap Sarcelleslite, ne sont pas d'une originalité folle. Ce qui l'est davantage, c'est que les membres de ce collectif de Sarcelles (Val-d'Oise) sont tous des enfants, rapporte Le Parisien, dimanche 1er mars.

Un clip, publié début janvier, qui ne passe pas du côté de la justice : le procureur de la République de Pontoise a ouvert une enquête, après la diffusion de cette vidéo. Francetv info détaille les sanctions envisagées et le contenu de ce clip polémique.

Les poursuites envisagées par la justice 

"Le groupe [de policiers chargés de la] cyber [criminalité] travaille sur le clip, essaye d'établir une traduction des propos tenus par les jeunes. Nous sommes dans une phase de retranscription des paroles, qui ne sont pas toujours parfaitement audibles", explique le procureur au Parisien.

"J'essaye de déterminer si des infractions pénales sont constituées, notamment sur le fondement de l'article 227-24 du code pénal, qui concerne la diffusion de message à caractère violent, pornographique, portant gravement atteinte à la dignité humaine, précise le procureur. Pour cette infraction, la loi prévoit jusqu'à trois ans d'emprisonnement et de 75 000 euros d'amende

"Nous étudions aussi l'éventuelle provocation aux infractions sur la législation des stupéfiants", poursuit le procureur de la République de Pontoise. Autre mission pour les enquêteurs : identifier les enfants apparaissant dans le clip. Quant au pistolet exhibé dans la vidéo, "selon les premières indications des enquêteurs, il s'agirait d'une arme factice", précise le procureur. Enfin, la nature des billets de banques brandis dans le clip fait aussi l'objet de recherches par les enquêteurs.

Ce qu'il y a dans le clip

Dans la vidéo, visionnée près de 90 000 fois depuis sa mise en ligne début janvier, les membres de Sarcellleslite n'hésitent pas à exhiber une arme, des liasses de billets, mais aussi un sachet d'herbe. Certains semblent être des collégiens, mais d'autres sont clairement plus jeunes. Et tous débitent des paroles crues, sans second degré visible. "Dans le peu-ra [rap] je laisse des ceu-tra [traces], comme sur le cul à ta reu-seu [sœur]", rappe un premier.

"On te canarde, y'a pas de pitié, on vise pas les ieps [pieds], on vise la teu-té [tête]", enchaîne un autre, qui n'a pas encore mué. Certains ados cagoulés font des roues arrière sur leurs scooters. 

De quoi poser un certain nombre de questions. "Les parents ont-ils donné leurs autorisations, obligatoires, pour que leurs enfants tournent le clip ? Une chose est sûre : les autorités n'ont pas été prévenues", écrit Le Parisien. Averti, le député-maire de la ville, François Pupponi (PS), parle d'un clip "scandaleux. Ce type de vidéo est inadmissible. On ne peut pas laisser faire ça. Il y a des gens qui font de l'argent avec ça."

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