Champigny-sur-Marne : "Quand on tabasse un flic à terre, on tabasse la République", dénonce Unité-SGP Police FO

Après l'agression de deux policiers à Champigny-sur-Marne (Val-de-Marne), le secrétaire général d'Unité-SGP Police FO Yves Lefebvre, réagit lundi sur franceinfo. Pour lui, quand "on tabasse un flic à terre", c'est "la République" qu'"on tabasse".

Yves Lefebvre, le secrétaire général Unité-police FO, le 15 mars 2017 à Paris. 
Yves Lefebvre, le secrétaire général Unité-police FO, le 15 mars 2017 à Paris.  (JACQUES DEMARTHON / AFP)

Deux policiers, un capitaine et une gardienne de la paix, ont été violemment agressés la nuit de la Saint-Sylvestre à Champigny-sur-Marne, dans le Val-de-Marne, par un groupe de jeunes qui avaient été refoulés d'une soirée privée. L'attaque a été fermement condamnée lundi 1er janvier sur Twitter par Emmanuel Macron, ainsi que par le ministre de l'Intérieur, Gérard Collomb. Ils promettent que les coupables seront retrouvés et sévèrement punis. Yves Lefebvre, secrétaire général d'Unité-SGP Police FO salue lundi 1er janvier sur franceinfo ces réactions. "Quand on tabasse un flic à terre, on tabasse la République", a-t-il commenté sur franceinfo. Il réclame "une politique pénale" qui permette des poursuites et une "peine exemplaire" pour les agresseurs, "à la hauteur des faits commis".  

franceinfo : Les réactions des responsables politiques qui se multiplient vous rassurent-elles ?

Yves Lefebvre : Oui, ça me rassure. Je me souviens de quelques faits, il y a moins d'un an, je parle de la soi-disant affaire Théo à Aulnay-sous-Bois où on avait un président de la République à l'époque qui ne s'était absolument pas enquis de l'état des policiers, sinon même de ce qui s'était réellement passé, parce qu'on avait déjà à l'époque les conclusions de l'enquête IGPN, et qui s'était dépêché d'aller au chevet de Théo. Là, on a un président de la République qui dit qu'il faut que les auteurs soient sévèrement punis. Maintenant, ce que j'attends, comme tous les policiers de France, c'est que la justice soit à la hauteur des évènements. Les policiers doivent être protégés. Je considère que c'est un acte criminel. Quand on tabasse un flic à terre, on tabasse la République. C'est la République qui est mise à mal. On ne peut pas accepter ça. Je retiens avec beaucoup de satisfaction les tweets du président et que Gérard Collomb se soit empressé de prendre des nouvelles de mes collègues. Enfin on a l'impression qu'au plus haut de l'Etat, on veut protéger la police. Maintenant, il reste plus que la justice qui, malheureusement, est souvent à la traîne en la matière.  

Soutenez-vous la position d'un autre syndicat policier, Alliance, qui veut restaurer les "peines planchers"?  

Non, je ne la soutiens pas. À la différence d'Alliance, on ne fait pas de politique. Je me dois tout de même de vous rappeler que les "peines planchers" étaient un des outils mis en place par Nicolas Sarkozy qui n'ont jamais rien apporté. Aujourd'hui, il ne suffira pas d'avoir une réponse pénale, il faut une politique pénale qui impose dans ces cas-là des poursuites et que les policiers ne soient pas systématiquement stigmatisés par la justice. Le problème aujourd'hui c'est qu'un flic entre dans un quartier, il ne sait plus à quoi il sert. Pourquoi ? Parce qu'il va interpeller des auteurs de délit, parfois même de crime, et ces individus sont remis en liberté quasiment aussi rapidement qu'ils ont été interpellés. C'est ça notre problème aujourd'hui. C'est qu'on a besoin d'une justice qui nous soutienne. Il faut que la peine soit exemplaire, à la hauteur des faits commis.  

Les Républicains disent que cela pose la question de la politique de sécurité du gouvernement et notamment la mise en place de la nouvelle police de proximité, qu'en dites-vous ?  

Je vous répondrais très facilement. En cinq ans, ils ont supprimé 13 000 emplois de gendarmes et de gardiens de la paix. Ces gens-là veulent jouer aujourd'hui les vierges effarouchées, moi je ne joue pas la vierge effarouchée. J'attends seulement des politiques, qu'ils soient de droite de gauche, du milieu ou peut-être ni de droite ni de gauche parce qu'il me semble que c'est le leitmotiv de notre président de la République, qu'ils protègent ceux qui sont chargés de protéger nos concitoyens. C'est trop facile de vouloir aujourd'hui laver plus blanc que blanc quand on a supprimé autant de postes et remis autant en péril la sécurité de notre pays.