Agressions de policiers : "Je trouve insoutenable qu'on puisse filmer cela et le diffuser sans qu'il y ait de réponse derrière"

Après les agressions filmées de fonctionnaires de police à Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis) et à Champigny-sur-Marne (Val-de-Marne), la présidente de l'association Mobilisation des policiers en colère (MPC), exprime sa "colère" mardi sur franceinfo.

Les agressions de police sont en hausse alors que les effectifs sont en baisse, dénonce l\'association Mobilisation des policiers en colère (MPC). (Photo d\'illustration)
Les agressions de police sont en hausse alors que les effectifs sont en baisse, dénonce l'association Mobilisation des policiers en colère (MPC). (Photo d'illustration) (MAXPPP)

La présidente de l'association Mobilisation des policiers en colère (MPC) Maggy Biskupski a réagi, mardi 2 janvier sur franceinfo, aux agressions de fonctionnaires de police lundi à Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis) et dimanche soir à Champigny-sur-Marne (Val-de-Marne). Elle dénonce notamment un "manque d'effectifs total"  face à "des agressions qui se multiplient".

"Effacer" les images de l'agression

Maggy Biskupski a pu joindre la policière qui a été rouée de coups à même le sol par un groupe de jeunes, durant la nuit de dimanche à lundi, à Champigny-sur-Marne. "Elle a beaucoup d'ecchymoses mais c'est surtout le traumatisme qui domine chez elle. Elle est très touchée parce qu'on s'en est pris à elle non en tant que femme mais juste en tant que flic", indique-t-elle.

La policière agressée a "demandé à nos autorités de remonter à la source" de la vidéo pour "l'effacer". Selon la présidente de l'association des policiers en colère, "c'est cela le plus dur : c'est de revoir ce qui s'est passé". "Moi-même, je ne l'ai pas regardée jusqu'à la fin, je trouve insoutenable qu'on puisse filmer cela et le diffuser sans qu'il y ait de réponse derrière. Je trouve cela inadmissible", a poursuivi, émue, Maggy Biskupski. 

Montée des violences et manque de moyens

La présidente de l'association MPC, également fonctionnaire de police travaillant en brigade anti-criminalité (BAC), admet ressentir "de la colère" après ces agressions. "On ressent de plus en plus de violences, avec des agressions qui se multiplient. Je pense que cela ne va pas diminuer tant qu'on n'aura pas de vraies réponses pénales", a-t-elle avancé. Maggy Biskupski dénonce une "impunité" et une "réponse pénale totalement insuffisante" au sujet des agressions de policiers. Elle dénonce également "le manque d'effectifs total" et "un manque cruel de moyens". Résultat : les fonctionnaires de police travaillent dans l'insécurité d'après elle.

On n'est plus capables. On se met, nous, en danger, on ne peut pas faire notre travail, et on ne peut pas sécuriser les citoyensMaggy Biskupski, Mobilisation des policiers en colèrefranceinfo

Les conséquences se ressentent sur les conditions de travail"Cela fait dix ans que je suis fonctionnaire de terrain. Cela fait dix ans que je vois nos conditions de travail se dégrader", a-t-elle déploré. La présidente de cette association de policiers en colère s'est aussi prononcée en faveur de peines planchers pour les agressions contre des policiers : "Il faut des peines minimum. À chaque fois, on parle de peines symboliques mais cela ne suffit pas. C'est tout les jours que les collègues se font taper dessus, insulter", a conclu Maggy Biskupski.